Di sak na pou di

À Monsieur le Maire du Port...

Raymond Lauret / 22 janvier 2015

Dans l’édition du JIR de ce mardi 20 janvier, commentant les chiffres de l’INSEE qui indiquent que le Port perd 0,7 % de sa population chaque année depuis 5 ans, vous déclarez ceci : « Nous avons produit énormément de logements. Mais il y a certainement des Portois qui fuient pour s’installer ailleurs. Si ça se confirme, ça veut dire que la ville n’est plus attractive. Nous allons donc poursuivre notre politique de construction de logements de qualités pour proposer des choses différentes et montrer que le Port peut construire des logements intermédiaires et de standing ».

Je vous laisse la responsabilité de vos propos désignant « des Portois qui fuient ... ». Vous dites aussi que, pour enrayer ce qui semble être une malédiction, vous allez « poursuivre (une) politique de construction de logements de qualités » et même « de standing ». Je vous souhaite de réussir...

Cependant, pour avoir été élu au Port en 1971, je me permets de vous dire que je trouve mal venu pour le jeune maire que vous êtes devenu d’oublier – ou de ne pas vouloir le savoir – qu’ André Gontier, de 1962 à 1971, et Paul Vergès, de 1971 à 1989, ont eu à faire face, chacun avec sa perception de la chose et avec la force respective de sa personnalité, à un territoire portois qui était alors un vaste bidonville. L’un a notamment commencé, avec les moyens de son époque, les cités de la SIDR ou de la SATEC, l’autre a, lui aussi avec les moyens de l’époque, rasé les taudis du Cœur Saignant pour en faire un grand quartier aéré et équipé autour d’un Parc Boisé, construit toute la ZUP et amorcé la ZAC de la Rivière des Galets et de la Ravine à Marquet. Entre autres, je m’autorise à le préciser. Jean-Yves Langenier et son équipe ont eu à poursuivre cette tâche.

Si votre grand-père, Monsieur Roland Hoarau, était toujours vivant, sans doute vous aurait-il décrit la situation difficile de la ville alors. Sans doute vous aurait-il également appelé à un devoir de mémoire. Car il fut lui aussi conseiller municipal en 1971. Vous ne faites que poursuivre aujourd’hui, avec les moyens de notre époque, ce que d’autres ont eu à faire avec ceux de leurs temps. Permettez-moi de vous le dire...


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