Di sak na pou di

À propos des incidents de Fayard à Saint-André

Paul Dennemont / 30 juillet 2015

Depuis le début de semaine, les regards sont tournés vers Saint-André où des affrontements d’une rare violence ont eu lieu dimanche soir, à Fayard, nouveau quartier sensible de la commune. Le calme y est revenu depuis. Mais attention ! Les tensions entre le gérant du snack-bar du coin et quelques jeunes de la cité ne devraient aucunement servir de prétexte pour évacuer les réelles raisons de cette flambée de violence. Ce serait une grave erreur.

L’entassement de la population dont une forte proportion d’une communauté en mal d’intégration, l’absence de proximité sociale, le manque d’emploi, le désœuvrement des jeunes, l’insécurité, sont quelques-unes des questions, parmi tant d’autres, souvent soulevées, pour expliquer le mal vivre des résidents du secteur. Et la conjoncture actuelle n’y aidant pas, avec notamment la progression du chômage, 1.440 nouveaux demandeurs d’emploi en juin, à La Réunion, vient-on d’apprendre  ! Et ce n’est certainement pas la réalisation d’un parcours de santé, si agréable soit-il, qui apportera la solution aux problèmes de la population de Fayard.

S’agissant du silence de Jean-Paul Virapoullé, Il se murmure avec ironie, que le maire de Saint-André serait allé en villégiature sur la Cote d’Azur pour espérer échanger avec le Roi Salmane d’Arabie Saoudite, à propos de son projet de vente d’eau (l’or bleu) de Sainte-Rose. Le monarque saoudien y passe ses vacances dans sa superbe villa surplombant la plage.

Plus sérieusement, les graves incidents de Saint-André ne sont pas sans rappeler les flambées de violence qui se sont déjà produites à Saint-Louis, au Port, à Saint-Denis ou encore à Saint-Benoît. Autant dire que ce qui s’est passé dimanche soir à Fayard, peut donc se produire demain ailleurs. À nos politiques d’en tirer les enseignements.

Paul Dennemont
Saint-André


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