Di sak na pou di

A propos du rejet du SCOT de la CIREST

Paul Dennemont / 12 septembre 2016

Le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) est à l’échelle d’une intercommunalité, un outil de conception et de mise en œuvre des grandes orientations en matière d’aménagement, des déplacements, d’habitat, d’implantations commerciales, etc. Outil essentiel, et feuille de route pour l’élaboration du PLU (Plan Local d’Urbanisme).

Le SCOT de la CIREST datant de 2004, a été mis en révision en 2010, et soumis à l’évaluation environnementale, conformément au code l’urbanisme. En date du 30 juin, l’Autorité Environnementale (AE) a rendu ses conclusions qui sont d’une extrême sévérité. Elle note de nombreuses incohérences, des erreurs, des oublis, des manques de lisibilité, et des tas d’autres irrégularités. Autrement dit, elle lui attribue un zéro calebasse, et l’AE va même jusqu’à demander le retrait pur et simple du Port de Bois-Rouge du Schéma, soulignant son incompatibilité avec les documents d’urbanisme existants ! Ce projet phare de Monsieur Virapoullé, promis aux Réunionnais avec la vente aux Saoudiens, de « l’or bleu » de Sainte-Rose !

Voilà qui n’est pas très valorisant pour Monsieur Virapoullé, le président de la CIREST, et par ailleurs 3e vice-président de la Région, chargé des « stratégies économiques », et qui se vante d’avoir présenté plus de 200 amendements au cours de sa vie de parlementaire. Interpellé lors du conseil communautaire qui s’est tenu ce jeudi 8 septembre, Monsieur Virapoullé s’est « courageusement » dédouané de toute responsabilité en renvoyant la faute sur le bureau d’études qui a élaboré le projet. Incroyable ! Est-à-dire alors que le président de la CIREST avait présenté, défendu, et fait entériner par le conseil communautaire, un projet, un document essentiel, qu’il n’avait pas, lui-même, pris soin d’étudier ou de le faire faire par ses services ?

En tout cas, il s’agit là, incontestablement, d’une faute politique gravissime. Et on comprend pourquoi, il n’a souhaité aucune publicité autour de cette affaire, et ce qui explique aussi, peut-être, le mutisme assourdissant des élus communautaires qui ont été dupés, et ont approuvé ce projet aujourd’hui retoqué. Selon Monsieur Virapoullé, ce coup d’arrêt ne prêterait pas à conséquence, arguant le fait que les communes sont libres d’établir leur PLU, du moment que celui-ci est conforme au SAR. A qui fera-t-il croire qu’un retour au schéma d’avant octobre 2004, où primait l’intérêt particulier des communes, à l’opposé de la philosophie du SCOT, ne serait sans graves répercussions ? La micro-région Est peut-elle faire l’économie d’un SCOT ? Si tel était le cas, elle serait la seule des quatre bassins de la Réunion à en être privé. Monsieur Virapoullé mesure-t-il les conséquences de cette faute politique ?

Par ailleurs, à propos du nouveau SAR dont l’approbation remonte à novembre 2011, sous la mandature de Didier Robert (décret interministériel du 22 novembre), il est à noter que Monsieur Virapoullé n’a cessé d’en dire du mal, estimant notamment que « Le SAR freine le développement. C’est un corset qui empêche la respiration économique de la Réunion, qui étouffe l’initiative des Réunionnais et contrarie l’aménagement du territoire, etc. » ! Et c’est précisément sur ce SAR (à défaut de SCOT) que Monsieur Virapoullé, aujourd’hui, propose aux élus des communes de la CIREST de s’appuyer pour l’élaboration de leur PLU ! On croit rêver. Mais peut-on vraiment s’étonner, quand on sait qu’en matière de contradiction, Monsieur Virapoullé est passé maitre dans l’art.

Quant au SCOT et au Port de Bois-Rouge, l’histoire est loin d’être finie.

Paul Dennemont


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