Di sak na pou di

Abbé Pierre, attention, je préfère ma case « courant d’air » !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 24 février 2015

Lettre ouverte à Thierry HERGAULT et Patrick DOUTRELIGNE, délégués de la Fondation de l’abbé Pierre

On ne peut qu’applaudir à la réaction courageuse et déterminée de l’abbé Pierre en son temps. Mais, héritiers de l’abbé Pierre, vous avez aussi le devoir de veiller à ce que le résultat de vos actions en matière de logements insalubres, ne soit pas pire que la situation antérieure. Très subtilement, les autorités et les financeurs de ces opérations RHI, ont tendance à parquer nos mal logés dans des cages à poules surchauffées, en particulier sous nos latitudes tropicales. Les cases « courant d’air » d’autrefois étaient infiniment plus agréables à vivre.

Rappelez-vous le film : « Le pont de la rivière Kwaï ». L’un des supplices japonais le plus prisé était l’enfermement des récalcitrants dans des cages en fer en plein soleil. Je ne sais pourquoi, en revoyant ce film, je me suis souvenu de la réflexion d’un architecte devant mon indignation. Il justifiait l’inconfort de ces logements par le fait qu’ils n’étaient pas destinés aux classes sociales les plus élevées. On comprend pourquoi certains gramounes refusent de quitter leur vieux logement. Attention, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Attention au progrès à l’envers.

Sam Arcande - La Réunion


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