Di sak na pou di

Aou – amoin – anou – ansanm soyons féministes

Témoignages.re / 4 mars 2015

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2015, l’heure est à se positionner avec un visage sincèrement Humain. En 1910, les femmes socialistes de plusieurs pays se rassemblent à Copenhague pour instaurer cette journée. En 1958 est constituée l’Union des Femmes de la Réunion (l’UFR). Et, en 1977, la Journée internationale des droits femmes est reconnue par les Nations Unies.

Le combat pour l’égalité des droits des femmes et la lutte contre toutes formes de violence sont loin d’être terminés. Comme partout ailleurs, La Réunion salue les avancées et en appellent d’autres. Elle salue également les grandes figures de combattantes, d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui : Héva « dans portraits de femmes en lutte contre l’esclavage colonial », Isnelle (première présidente de l’UFR), Thérèse pour le CVIF, Huguette, Marie Hélène, Simone, Olympe, Angela et toutes les anonymes qui ne seront jamais médaillées et couronnées mais combien sont grandes de leur combat pour la Liberté.

Je m’associe pleinement à tous ces combats qui visent au respect des uns des autres, à la bienveillance pour soi et pour l’autre. Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous inviter à ce que nous soyons tous Féministe. Aou, Amoin, Anou, Ansanm, même combat ! Sortons de nos contradictions. Nous continuons à faire valoir la sensibilité de la femme dans les défilés de Miss, dans les panneaux publicitaires (un Bijou, un Bizou !!) ; à vendre l’image de la beauté comme des normes sociétales. Nous continuons à éduquer nos garçons en mettant en avant leur virilité contre leur part de féminité. Nous réprimons leur humanité. Ne dit-on pas « in garson i plèr pa » ? Nous les exhortons à la dureté. Notre société les expose tous les jours un peu plus dans la vulnérabilité sociale, les réduisant à l’exclusion. Nous les conditionnons à des démonstrations de forces violentes, brutales et stupides. Aujourd’hui encore nous avons en majorité à des postes de responsabilités économiques, administratives et politiques des hommes, souvent ceux qui dénoncent, recrutent et valident les décisions. Nous encourageons des stratégies communalistes qui vont dans le sens contraire du vivre ensemble. Nous piétinons la démocratie par des comportements infantilisants.

L’égalité des chances reste un rêve pour certains…

Les décrets sont des avancées considérables mais ne suffisent pas. A quand la mobilisation pour l’évolution des mentalités dans la sérénité, la paix et le respect ?

Nous sommes dans l’émotion quand des faits divers graves nous arrivent dans les médias. Nous sommes révoltés, scandalisés, meurtris, apeurés. Nous exprimons à ce moment-là notre Humanité mais notre indignation ne trouve pas toujours de prolongement dans des combats, une fois passé l’évènementiel. Chacun, chacune revient alors à ses préoccupations tellement happé, empressé d’assouvir ses besoins les plus primaires, oubliant ainsi ses désirs de paix, de respect. Dans chaque fait divers il y a une famille, des parents, des enfants. On parle peu de ses enfants victimes et témoins de violence conjugale, ou de violence de toute nature. Leur histoire, leur souffrance les accompagnent toute leur vie. A leur tour, ils risquent de reproduire le même schéma et de faire la Une des journaux. Quel espace de parole est à leur disposition ? Placement, déplacement, carences à tout niveau ? Est-ce là leur destin, condamnés aux addictions diverses. Trop facile, dès lors, de dénoncer sans proposer.

Nous n’allons pas nourrir le désespoir. Nous pouvons encore agir et réagir, crier avec force notre indignation, crier avec force notre envie d’empêcher la faillite de notre société. Nous pouvons crier avec force la part belle de notre humanité. Voilà ce qui nous reste dans ce temps de crise économique, démocratique et politique.

Crier notre Humanité. Mais nous devons crier ensemble, AOU, AMOIN, ANOU, ANSANM, soyons tous FEMINISTES pour la liberté et le respect de nos droits. Osons prendre nos responsabilités ensemble.

Laurita Alendroit-Payet


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