Di sak na pou di

Appel à la participation et la supervision citoyenne

Témoignages.re / 23 février 2014

« La démocratie, c’est l’exercice du contrôle des gouvernés sur les gouvernants » Alain

Nous, électeurs et électrices, nous allons pouvoir, lors des prochaines élections municipales de mars prochain, exercer notre droit de contrôle sur les sortants : les sanctionner ou les réélire. Ce droit de contrôle qui nous est périodiquement accordé nous devons impérativement le saisir pour signifier à "la classe politique" qu’en démocratie ce sont les citoyens qui comptent ; ils ont la compétence nécessaire pour contrôler leur pouvoir. C’est ainsi que nous exerçons notre souveraineté de sujets-citoyens.

Mais comme l’exercice de la citoyenneté ne s’arrête pas qu’au moment des élections, une vigilance de tout instant envers la classe politique s’impose, d’autant plus qu’une fois au pouvoir, elle se croit parfois tout permis. Nous avons vu certains élus revenir sans vergogne sur des décisions engagées et longuement mûries par leurs prédécesseurs, d’autres se lancer dans des projets sans se soucier aucunement d’obtenir l’adhésion préalable des citoyens de leur commune ou de leur collectivité respective. De manière générale, une fois obtenus les suffrages du peuple, nos élus, dans leur ensemble, s’intéressent assez peu de l’implication des citoyens dans la gestion des affaires qui les concernent de près. Question de culture politique classique ? Déficit de culture démocratique ?

Ils nous disent tous, en sollicitant notre suffrage, ce qu’ils veulent faire pour nous, mais jamais ce qu’ils veulent faire avec nous. Force est de constater que nos élus associent rarement les citoyens à l’élaboration des projets qui les concernent. S’il en est ainsi l’impulsion pour une meilleure participation aux affaires de la cité, pour une démocratie participative et une supervision citoyenne, ne peut venir que de la base, c’est-à-dire des citoyennes et des citoyens eux-mêmes. « La souveraineté, disait Rousseau dans le Contrat social, ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ». La création d’espaces de délibération citoyenne où la participation du plus grand à la discussion des choix collectifs s’impose donc nécessairement, tout comme la mise en place des Comités d’initiatives citoyennes, voire un Mouvement pour une nouvelle citoyenneté.

C’est le sens de notre Appel à la participation et à la supervision citoyenne. Nous invitons les électrices et les électeurs de chaque commune à prendre la parole, tout seuls ou en association, pour demander à nos élus plus d’écoute et plus de concertation avec la population. Et de créer notamment les conditions pour que les citoyens soient en situation de participer concrètement et réellement aux choix et aux orientations qui intéressent et concernent leur quotidien. Des outils visant à associer les citoyens au processus de la prise de décision existent et sont en application ici et là. Il convient de les tester, les perfectionner et les présenter au moyen d’une Charte communale de la participation citoyenne en vue de redonner du sens à l’engagement au service de la cité, tout en plaçant le citoyen au cœur de l’action politique.

Nous invitons nos futurs élus à réinventer la démocratie délibérative au sein de leur commune, cellule de base de toute démocratie. « La démocratie est une pratique : si elle s’inspire de valeurs qui peuvent se transmettre, elle est essentiellement un mode d’action. C’est en l’appliquant qu’on la justifie ; c’est en s’en servant qu’on la légitime » (Federico Mayor).

Reynolds Michel


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