Di sak na pou di

Appel aux citoyens réunionnais : les pouvoirs territoriaux, un nouvel esclavage ?

Courrier des lecteurs de Témoignages / 21 octobre 2015

A la veille des élections régionales il convient de dénoncer les abus des pouvoirs politiques locaux, municipaux ou territoriaux. Le système, tel qu’il fonctionne peut apparaitre maintenir des survivances quasi coloniales sinon esclavagistes. L’enjeu électoral repose, hélas !..en grande partie sur la vanité et la recherche du pouvoir de certains sur autrui et non sur le don et l’amour du bien public…. Les citoyens l’ont bien perçu depuis fort longtemps… L’absentéisme en est le résultat

Les assemblées et les communes dilapident souvent l’argent public dans tout ce qui fait recette électorale : du sport à la culture tout est bon pour flatter les électeurs potentiels et placer les copains. Panem et circenses, du pain et des jeux... Les gros chantiers engendrent les pots de vin. On l’a vu avec les scandales successifs de la suppression du petit train (sous la pression des lobbys des transporteurs), de l’ancienne et la nouvelle route du littoral qui furent et demeurent « les plus chères du monde ».
Qui n’a entraperçu aussi, quelquefois, dans des brasseries de la capitale des notables convier à la bâfrée des équipes de nervis en période électorale….

Les praticiens de la santé sont confrontés chaque jour à la souffrance au travail. Beaucoup viennent les rencontrer et demander une aide et un arrêt de travail. Parmi ceux-ci, une part importante d’acteurs des mairies, à tous les niveaux mais aussi des assemblées territoriales ou des associations et organismes qui en dépendent. Les scénarios se ressemblent, quelles que soient les mandatures et leur couleur politique et se répartissent dans différents registres.
La situation la plus fréquente et la plus choquante concerne la masse des personnels non titulaires qui sont balayés après chaque élection : on vire les uns pour les remplacer par ceux qui ont apporté les bons bulletins à la nouvelle équipe. Ces marées sévissent depuis toujours après chaque élection municipale et concernent tous les services : écoles, sports, services techniques, etc.
Mais elles touchent aussi plus haut dans la hiérarchie : les directeurs des services ou les responsables de services. Ceux-ci sont sommés directement ou sournoisement de se plier aux directives des nouveaux élus ou de partir. Passons sur la pratique douteuse des congés dits politiques qu’octroient en missouk, certaines mairies aux meilleurs employés lors des campagnes : ils sont récupérables et s’ajoutent aux congés. Malheur par contre à ceux qui refusent de s’y engager !

La genèse de la souffrance au travail tient à des causes simples : le manque de reconnaissance de la tâche accomplie par les employés, les abus de management de la hiérarchie, surtout quand de nouvelles têtes promues par le politique veulent imposer leurs exigences aux vétérans ; le poids permanent de l’effraction de la vie privée et de la confusion avec la vie professionnelle, le ladilafé ou le lafé la di…

Il y a là un monstrueux gaspillage d’énergie et de compétences. Jules Hermann, qui fut un élu remarquable de Saint Pierre, à la fin du 19e dénonçait déjà le stellionat : soit ce serpent venimeux et moucheté qui s’infiltrait au conseil colonial et dégradait la vie politique de La Réunion.

De toute évidence les deux premiers remèdes seraient la titularisation généralisée des emplois territoriaux et de l’autre la dissociation totale de la gestion administrative et du pouvoir politique. Des techniciens, voire des technocrates nommés en raison de leurs compétences et aux postes dans une position stable et indépendante. Des élus aux compétences purement consultatives et sans pouvoir sur l’emploi de ceux-ci et de leurs « administrés ».

Un praticien de la santé (républicaine), disciple politique de Jules Hermann


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