Di sak na pou di

Après un AVC, il se bat avec une foi en la vie admirable…

Raymond Lauret / 23 novembre 2015

Le témoignage que, depuis son domicile de La Saline et par le biais d’un courrier de lecteur, Alex P. nous a livré la semaine dernière, force notre admiration.
C’était en mai 2014. Alex venait d’être élu à la Mairie de Saint Paul comme adjoint au Maire en charge des questions scolaires. Il venait de perdre son père, décédé le 30 avril. Et les mots qu’il prononça à la salle d’adieu de Commune Primat au nom de toute sa famille pour saluer celui qui fut également un médecin apprécié de milliers de gens nous avaient rempli d’émotion.

Le 16 mai, écrit-il donc la semaine dernière, « …mes amis et moi, nous discutions et nous refaisions le monde. Quand, tout à coup, je ressentis mon corps comme immobile, paralysé, et pourtant, je comprenais, j’entendais tout. Drôle impression, ma voix ne sortait pas et cependant je voulais dire des choses et je ne pouvais pas. Tout s’est arrêté pour moi… Sauf la vie ! »
Depuis, Alex se bat pour sortir de l’AVC qui l’a atteint et pour retrouver tous ses moyens.

J’ai eu l’occasion, lorsque mon père était à la Clinique des Tamarins au Port, de rendre visite à Alex. Je lui apportais la presse du jour. Je n’oublierai jamais la première fois. Il me regarda avec des yeux pleins d’émotion. Il s’arracha un mot, un seul : « Merci ».
Je voudrais ici dire à Alex combien la société réunionnaise a besoin de lire ce qu’il a su nous dire, par la voie de son courrier. Il est capital que nous sachions que, dans la difficulté que connaissent ceux qui ont eu un AVC, il y a quelqu’un qui n’a pas renoncé et qui retrouvera bientôt tous ses moyens. Il est important que nous mesurions les immenses progrès qui se voient chez quelqu’un qui, entouré des siens et de ses amis, a su garder le goût de vivre et a pu être capable d’écrire ce par quoi il est passé, pour que d’autres aient envie de se battre eux aussi.

Sans doute sommes-nous nombreux à avoir conservé, pour pouvoir le relire ou le communiquer à d’autres, le récit de vie que nous a destiné Alex. Sans doute, à l’occasion, la presse réunionnaise saura-t-elle faire référence à ce récit. Un récit que Alex termine en disant : « Paralysé au côté droit, je voyais petit à petit mes orteils bouger, mes doigts remuer. A la clinique des « Tamarins », les médecins, les kinés, les ergothérapeutes, les orthophonistes et les infirmières ont fait un travail formidable. La foi a fait le reste… La parole ? Ça viendra ! »…

Merci, Alex. Ton combat servira à beaucoup d’autres de tes compatriotes. Ton combat et ta foi…

Raymond Lauret


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