Di sak na pou di

Arrêtez l’irréparable !

Témoignages.re / 22 novembre 2011

On a beau écrire notre indignation. On a beau organiser des défilés, des marches blanches, qui… permettent à certains de parader, de se faire voir. On a beau signer des pétitions pour crier « Plus jamais ça ! ». On aura beau voter des lois, agiter l’épouvantail du retour de la peine de mort. Tout cela n’empêche pas des hommes, maris, amants, concubins, petits amis de saigner comme un animal des femmes, épouses, amantes, concubines, mères.
Pourquoi cette violence ? Elle est partout dans notre monde. Près de chez nous, dans notre voisinage, plus loin, mais tout de même à portée de notre connaissance. Cette jeune fille de 14 ans, violée et tuée par un jeune homme de 17 ans, en forêt, en France ! Cette quadragénaire mère de quatre enfants, poignardée en pleine rue et devant témoins, à Ravine-des-Cabris ! Déjà neuf femmes massacrées cette année à La Réunion !
Nous sommes tous redevables des femmes. Nous devons les aimer trois fois plus que nos plus proches hommes, parce qu’elles nous ont portés dans la douleur, parce qu’elles nous ont mis au monde dans la douleur, parce qu’elles nous ont allaités et élevés dans la douleur. En aucune façon, elles ne nous sont inférieures.
Les hommes n’ont pas à leur demander de se taire, de se laisser faire, de subir, de ne pas réagir, de souffrir. Les hommes n’ont pas à les contraindre, à les menacer, à leur poser des conditions, à leur crier « attention, sinon ! ».
Que fait la justice ? Ce sont tout de même des hommes… et aussi des femmes qui jugent les hommes qui osent lever la main sur des femmes. Ce sont d’autres hommes… et aussi d’autres femmes qui défendent ces hommes qui encourent les peines que prononceront ces juges hommes… et aussi femmes.
Que ces violents sachent qu’ils ne resteront pas éternellement impunis, qu’ils ne passeront pas éternellement à travers les mailles de la justice, qu’ils ne seront pas éternellement défendus par leurs semblables qui leur trouvent des circonstances atténuantes ! Les coups qu’ils portent aux femmes leur seront rendus au jour dernier.
Oserons-nous demander à la justice d’être plus sévère envers de tels hommes ? De ne leur trouver aucune circonstance atténuante ? De refuser de leur pardonner et de leur faire des cadeaux ? Si nous ne préconisons pas la loi du talion, nous demandons que leur privation de liberté — qui est ce qu’un être humain a sûrement de plus cher — soit longue, longue, longue. Et qu’à leur sortie de l’ombre, ils continuent à être suivis, longtemps, longtemps, longtemps.
Aux parents qui prennent la responsabilité de mettre de futurs hommes au monde, nous ne saurions trop recommander de ne le faire que s’ils sauront les éduquer, pour que, demain, ceux-ci ne commettent pas ce que parfois leur propre père a commis, c’est-à-dire l’irréparable. Car, ôter la vie d’une femme est un geste irréparable. Ici, là-bas, ailleurs, près ou loin de chez nous. Hier, aujourd’hui, demain…

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com