Di sak na pou di

Ati-Damba : célébration publique mais appel au respect de l’image intime et à la courtoisie

Témoignages.re / 18 décembre 2009

Ati-Damba 2009 s’est déroulé dans le plus grand calme et la plus grande ferveur. Merci à chaque participant d’avoir exprimé dans la plus grande dignité son sentiment envers ses ancêtres. Ati-Damba a permis à de nombreuses personnes de partager dans la plus grande liberté son vivre les ancêtres et à de nombreuses autres d’apprendre à le faire. Au nom de la célébration légitime et salutaire de grands ancêtres communs issus du cours tourmenté de notre Histoire, les associations MIARO, Capitaine Dimitile et Tradition Salegy ont organisé Ati-Damba dans le plus grand respect de la culture ancestrale. Elles ont voulu que des pratiques religieuses longtemps confinées dans les cours soient publiques pour la circonstance et concernent tous les Réunionnais pour l’appropriation d’un héritage commun.
Il y a certainement de nombreuses manières autres que le servis malgas, kaf pour la célébration des ancêtres marrons mais nous avons choisi celle-ci qui est la plus conforme à nos convictions et, nous semble-t-il, à celles des ancêtres concernés.
Quelle famille peut assumer de porter seule dans sa cour et sur son boucan personnel le flambeau de Simandef, de Rahariane, d’Anchain, de Pitsana, de Dimitile et de tous les autres ?
Honte au voyeur voleur d’image !
Mais le revers de la médaille c’est la curiosité avide, le voyeurisme de certaines personnes qui veulent envers et contre tout filmer jusqu’aux transes. Au Dimitile, l’accès était libre et l’accueil voulu amical, fraternel pour tous. Est-ce une raison pour en profiter et faire n’importe quoi ?
Devant la facilité technique de photographier et de filmer tout ce qu’on veut il est désormais impossible de l’interdire de manière efficace. Mais est-ce là une raison pour le faire et abuser d’une situation pour le moins ingérable pour le sujet concerné ?
Les organisateurs ont beau demander que cela ne se fasse pas, c’est à chaque personne d’avoir un minimum de respect d’autrui et de lui-même pour se censurer et ne pas violer l’expression d’une spiritualité qu’on lui souhaite d’atteindre par d’autres moyens.

Ramatoa Rabesahala


Kanalreunion.com