Di sak na pou di

Attention « grand chantier réunionnais » : sortie de grues géantes !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 7 avril 2015

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Un gaspillage dénoncé en France.

Les grues géantes toutes neuves se voyaient de partout, renforçant l’orgueil de la Région sur son « grand chantier réunionnais ». Elles prétendaient avec les plateformes offshores prouver la bonne marche du chantier et ainsi faire mentir les « esprits chagrins » opposés à la NRL !

Mais alors que dans la nuit de dimanche à lundi 30 mars, les résultats des élections départementales s’égrènent à la télévision, une grue de GTOI s’enflamme et s’effondre avec vacarme sur le chantier d’approche de la NRL à la Possession.
Le lendemain la question est dans toutes les têtes, on n’ose le dire : incendie accidentel ou criminel ? A-t-on le droit de sourire de ce mauvais coup du destin qui continue de maltraiter ce chantier ? Bien sûr la gendarmerie enquête…
Disons-le : cet accident révèle le manque de sécurité des installations de chantier pour les ouvriers comme pour la population ! Et cela risque se reproduire dans la durée. Car dans la discrétion des couloirs, des sources bien informées admettent que la livraison est repoussée à 2022…

S’il s’agit d’un accident électrique, alors quel aurait été le drame, quelques heures plus tard, d’une chute sur les ouvriers – comme l’a souligné un journaliste ! Et quelle tragédie, si la grue s’était effondrée sur les automobilistes dans l’embouteillage matinal tout proche, quand on voit les deux véhicules du chantier aplatis !
Comment peut-on autoriser l’implantation d’une telle grue géante, de façon aussi dangereuse pour la population ?

Si la grue a été vandalisée, par un salarié ou un sous-traitant du chantier ou encore par un transporteur exclu du « gâteau » des remblais de la NRL, disons-le tout net : Nous ne pouvons apporter notre soutien à ce mode d’action quand nous combattons la NRL publiquement, à visage découvert.
C’est sur le terrain judiciaire et en prenant à témoin l’opinion publique que nous dénonçons les nombreuses entorses de la NRL à notre « déplacement durable » : explosion des dépenses régionales ; destruction de l’environnement ; inanité de la proclamation d’une route « moderne, gratuite et sécurisée ».
Prenons garde aussi que la lenteur de la justice à traiter toutes les protestations légales n’ouvre la porte à ce genre de geste de désespoir, de colère ou de provocation.

Mais il reste que cette violence serait ici le résultat d’un marché démesuré qui profite peu au BTP local agité par les appétits cupides de quelques-uns. Ce grand chantier sera source de conflits sans fin tant il est inadapté à nos conditions de productions et à nos ressources naturelles comme financières.

Il faut revoir globalement une installation de chantier mal étudiée et mal sécurisée sur les 12km. C’est ce que prouve cet accident, quelle qu’en soit la cause. Les travailleurs et la population doivent être plus sûrement protégés. À force de se montrer complaisante avec les majors du BTP, l’administration finira par passer pour fautive aux yeux du public. Bouygues, Vinci et Eiffage n’ont-ils pas été choisis pour être des spécialistes des grands travaux, y compris en mer !

François Payet, ATR-Fnaut


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