Di sak na pou di

Au-delà de la réforme du collège, à quand la philosophie pour les enfants ?

Témoignages.re / 20 mai 2015

Le projet gouvernemental de réforme du collège en France et dans les Outre-mer fait actuellement l’objet d’un débat parlementaire et de nombreuses polémiques sur ses perspectives comme sur son contenu. Des manifestations syndicales et d’organisations parentales ont même été organisées ce 19 mai pour contester ce projet et proposer d’autres mesures.

Je voudrais profiter de ces débats pour souligner qu’une question fondamentale est rarement évoquée au sujet de l’enseignement : quand est-ce que la philosophie sera-t-elle enseignée à La Réunion dans les collèges et les lycées avant les classes terminales mais aussi dans les écoles primaires et maternelles ?

Une association culturelle du pays, le Cercle Philosophique Réunionnais, pose ce problème depuis sa fondation en 2006 et celui-ci a été évoqué à nouveau récemment à l’occasion de la création des activités périscolaires. Mais, pour l’instant, il n’y a pas de suites concrètes de la part des autorités à ce projet.

Or, il faut savoir que l’UNESCO défend cette cause essentielle depuis des décennies dans le monde entier auprès des États membres, avec des résultats positifs dans plusieurs pays des divers continents.

En effet, dans son magnifique ouvrage publié en 2007 sous le titre ‘’La philosophie, une école de la liberté’’, cette instance internationale de l’éducation et de la culture rappelle à quel point il est indispensable de « promouvoir les pratiques à visée philosophique aux niveaux préscolaire et primaire » ainsi que les « orientations et pistes d’action » à mettre en œuvre dans ce domaine. Elle souligne que « l’UNESCO a toujours œuvré pour fortifier l’enseignement de la philosophie dans le monde et encourager sa création là où il n’existe pas. C’est à la réunion d’experts de mars 1998, tenue à l’UNESCO, que furent explicitement formulées des recommandations spécifiques sur la ‘’philosophie pour les enfants’’ (PPE) ».

D’où la question très importante à poser : à quand la ‘’PPE’’ pour la jeunesse réunionnaise afin de « mieux faire face aux défis de demain », comme le dit le directeur général de l’UNESCO dans cet ouvrage ?

Et cette autre question : le peuple réunionnais a-t-il le pouvoir de décider la mise en application par le système éducatif de l’enseignement de la philosophie dans son pays, afin de permettre à ses enfants et à l’ensemble des citoyens de devenir libres et responsables ?

Lucien Biedinger


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