Di sak na pou di

Au nom de Dieu…

Georges Benne / 19 janvier 2015

DIRE que c’est au nom de Dieu que tant de cruautés, tant d’horreurs, tant de crimes sont perpétrés chaque jour dans le monde, c’est donner de Dieu l’image la plus fausse qui soit, c’est cautionner l’idée d’un Dieu sans cœur, sadique, pervers, méchant et cruel, auquel certains hélas ! se soumettent aveuglément.

Ce Dieu-là n’a rien à voir avec le Dieu de la Bible ou de l’Évangile, où chacun peut lire : « Ce que fous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi-même que vous le ferez. » Ni avec celui du Coran où 113 chapitres sur 114 commencent par la formule « Au nom de Dieu le Tout clément, le Très miséricordieux. », et où l’on trouve ces deux phrases qui forment un tout : « Quiconque tue un être humain non coupable de meurtre ou de sédition sur la terre est considéré comme le meurtrier de l’humanité tout entière. Quiconque sauve la vie d’un seul être humain est considéré comme ayant sauvé la vie de l’humanité tout entière. »

Il y a donc un énorme malentendu, une terrible équivoque, qu’on fait courir pour tenter de justifier l’injustifiable, une véritable imposture qui, même si elle remonte du fin fond des temps, doit être dénoncée avec force d’autant qu’elle prend de plus en plus des proportions épouvantables, – et qui est la marque d’un fanatisme poussé à l’extrême.
Comme on est loin de la définition du philosophe Alain quand il écrit « Il est bien clair que Dieu de quelque façon qu’on l’entende est toujours un juge et un modèle pour chacun de nous ; c’est la perfection humaine que nous devons adorer et servir ; c’est la sobriété, le courage, la justice ; c’est la sagesse contre les passions. »

Nous ne pouvons cependant nous contenter d’exprimer notre indignation sans chercher à savoir, par quel processus l’on est amené à commettre de telles monstruosités, sans dire et répéter qu’ôter la vie à son semblable, c’est non seulement commettre un crime contre l’humanité mais commettre un crime contre Dieu lui même !


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