Di sak na pou di

Avec Christophe Ramon, pour que l’Est de l’île soit pleinement réunionnais…

Témoignages.re / 25 avril 2013

L’immense place que Christophe Ramon a su occuper dans la vie sportive de sa ville de Saint-Benoit et dans le monde du hand-ball réunionnais a été publiquement soulignée. Je voudrais, pour ma part, mettre l’accent sur ce que notre ami aujourd’hui décédé aura laissé à son île lorsque l’on prend le temps de s’attacher à mettre en avant l’intelligence et la générosité que recèle le domaine du Sport que celui-ci ne demande qu’à participer au développement de notre société.

Lorsque, dès 1983, s’impose à quelques-uns d’entre nous l’idée de fédérer nos Offices municipaux du Sport dans notre île du bout du monde, Christophe était présent, à côté notamment de Jean-Pierre N.G-Ah-King et d’Alain Lasnier, pour écouter et analyser ce qui se faisait ailleurs et pour donner à l’O.M.S. de la cité bénédictine qu’ils venaient de mettre en place toute la dimension d’un outil au service d’une politique sportive novatrice.

Avec notre C.R.O.M.S., nous nous sommes très souvent retrouvés à Saint-Benoit, accueillis par Christophe dans la salle du Conseil municipal ou dans des bureaux qui jouxtaient l’Hôtel de Ville pour débattre, analyser et nous livrer à l’exercice toujours délicat de l’autocritique de nos insuffisances. Nous pouvions alors arrêter les généreuses idées dont nous étions les uns et les autres porteurs à partir de nos expériences et de nos réussites dans nos communes respectives. C’est comme cela et c’est là, à Saint-Benoit, que s’est bâtie dans l’Est de l’île, de Sainte-Rose à Sainte-Suzanne en passant par La Plaine des Palmistes, Bras-Panon, Salazie et Saint-André, avec des gens de toutes les familles politiques, une réelle fraternité autour de l’idée d’un « Sport pour tous et toutes et le plus haut niveau possible pour chacun… ».

C’est toujours sur Christophe que nous savions pouvoir nous appuyer lorsqu’il fut arrêté que nos « Jeux inter-villes » devaient être organisés dans l’Est de l’île. Ils furent, comme cela avait été le cas dans leurs éditions précédentes, un immense succès. Avec le calme et le sens de l’anticipation qui le caractérisaient, Christophe sut être à la hauteur pour que toute sa commune en soit fière. Et nous pouvons dire que c’est tout naturellement que, par la suite, le Bénédictin Alain Lasnier fut désigné par l’ensemble des O.M.S. de l’île pour présider notre C.R.O.M.S. avec, entre autres points forts, l’initiative de proposer en 1993 à Madame Michèle Alliot-Marie, alors Ministre des Sports, la trame de son projet de loi contre les violences sur les stades.

Comme dans le monde du hand-ball, comme à la Mairie de Saint-Benoit, Christophe était toujours disponible pour privilégier le dialogue dans le respect des opinions des autres. Il nous a beaucoup apporté. Et nous sommes sans doute nombreux dans toute l’île à être affectés par sa disparition. Son souvenir demeurera en nous. Puisse son exemple inspirer celles et ceux sur les épaules desquels repose et pèse la responsabilité de faire que, dans chacune de nos cités, le Sport s’écrive toujours avec un grand “S”.

Raymond Lauret


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