Di sak na pou di

Benoît XVI rend visite aux Cubains À Cuba, l’appel à l’ouverture de la paix dans le monde

Témoignages.re / 5 avril 2012

J’avais 15 ans lorsque Cuba obtint son indépendance du colon espagnol. L’île connaissait alors une situation politique incertaine, avec une succession de dirigeants incapables de permettre au peuple de profiter de ses richesses. Le voisin américain, après avoir aidé la révolution, s’est un peu attardé, pas sans arrière-pensée. En effet, ses visées à caractère économique s’apparentaient ni plus ni moins à une nouvelle forme de colonialisme, un colonialisme économique.
Bref, le peuple gronde et l’armée s’inquiète. Face à ces bruits, Carlos Prio Socarras reste pondéré. Certes, celui que l’on surnomme « le président cordial » a eu vent des rumeurs faisant état d’un possible coup d’État fomenté par le général Fulgencio Batista, ancien président revenu d’exil. Mais ne trouvant aucune justification constitutionnelle à l’arrestation sans preuves des possibles conjurés, Prio Socarras reste fidèle à ses principes légalistes. Et ne fait rien. A la différence de Batista.
Ce militaire autodidacte ne supporte pas que les sondages le donnent perdant. Puisque le peuple ne veut pas de lui, il va s’imposer à lui. Le 10 mars 1952, Batista et ses collaborateurs prennent en une journée possession de tous les pouvoirs de l’île. Commencent alors sept années d’un régime autoritaire et corrompu, durant lesquelles Cuba devient le lupanar attitré des mafias venues des États-Unis.
En 1959, Batista sera renversé par la révolution castriste, communiste et guère plus libertaire. Et ce sera le début d’une nouvelle ère à Cuba. Quant à Carlos Prio Socarras, contraint à l’exil, il confiera plus tard à un journaliste : « On dit que j’ai été un très mauvais président de Cuba. C’est sans doute vrai. Mais j’ai été le meilleur président que Cuba ait jamais eu ».
L’église catholique fut brimée. Cela se comprenait, face au colonialisme qui entravait toute liberté. Il fut ainsi pendant des années et des années.
Jean-Paul II a ouvert une autre voie, en établissant en 1998 avec Fidel Castro des relations moins tendues entre le pouvoir communiste cubain et l’Eglise. Quatorze ans après lui, Benoît XVI continue son œuvre. C’est ainsi que, le 26 mars dernier, le souverain pontife a ouvert une nouvelle voie. Il a rassemblé un grand nombre de fidèles. Il a effectué un pèlerinage à la patronne de l’île. Il a prié pour tous ceux qui sont privés de liberté.
Mieux, le Saint Père a rencontré le père de la révolution après avoir célébré une messe. Et Benoît XVI, 84 ans, a bien apprécié ce contact avec Fidel Castro, 85 ans. Entre gens de même âge… La veille, le chef de l’Eglise catholique s’était aussi entretenu avec son frère Raul Castro, qui le remplace à la tête de l’Etat cubain, depuis quatre ans que la maladie l’a écarté du pouvoir. Et le souverain pontife en a profité pour lancer un appel à Cuba. Il a même demandé que le Vendredi saint, jour où les chrétiens du monde entier commémorent la crucifixion du Christ, y soit une fête nationale.
Il était finalement temps d’ouvrir ce temps de liberté religieuse. On ne peut pas oublier les bienfaits de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il est important que l’ouverture de la paix dans le monde soit féconde. Que la voie de Dieu s’ouvre davantage vers une reconnaissance de notre humanisme. Que ceux qui critiquent Benoît XVI comprennent que la paix est nécessaire dans notre monde d’aujourd’hui.

Marc Kichenapanaïdou


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