Di sak na pou di

Bonheur : question d’instinct ou mission impossible ?

Témoignages.re / 23 février 2017

Ne vous étonnez pas si vous êtes complètement perdu. Un bon comportement dans la vie doit normalement nous permettre d’être équilibré et donc heureux. Le problème c’est que cela est devenu, au fil du temps, mission quasiment impossible.

Lorsque nous avons un petit bobo physique, moral, économique, etc., nous allons voir un spécialiste. S’il n’est pas trop spécialisé, nous avons une chance de nous en sortir. Dans le cas contraire, nous en sortirons totalement déséquilibré et déstabilisé. Avoir un bon comportement dans la vie nécessite une vision globale et éclectique du Monde, vision que, par définition, le spécialiste n’a pas. Plus qu’approfondir nos connaissances sur un point précis, il nous faut élargir au maximum la palette de nos notions, de nos informations. Pour être heureux, c’est-à-dire, avoir un comportement adapté à notre époque, à la culture et à la société dans laquelle nous vivons, il faut ressembler à l’honnête homme du 17e siècle qui avait des connaissances peut-être un peu superficielles, mais sur énormément de choses. Les spécialistes d’aujourd’hui savent tout sur pas grand-chose. La vie est faite de compromis, de paris, de comparaisons, d’appréciations, d’instinct. La valeur de la conclusion qui s’imposera à nous dépend de l’étendue de la palette d’informations à notre disposition. Ce n’est qu’en ratissant large que nous allons ramasser quelques bribes de vérité, ce que l’on appelait autrefois le bon sens. Il s’agit finalement davantage d’une bonne orientation à prendre plutôt qu’un but précis à atteindre. En tout cas, cette méthode nous permettra au moins de ne pas aller à contre-sens et de nous épuiser dans des missions impossibles.

Depuis trop longtemps nous sommes entrés dans l’ère des spécialistes. Et lorsqu’on voit ce qu’est devenue notre malheureuse humanité, on peut se poser des questions sur la pertinence de nos choix. Les œillères de nos chers spécialistes, dénués de ce fameux bon sens, nous conduiraient-elles à des impasses ?

François Maugis


Kanalreunion.com