Di sak na pou di

C’est l’ile tout entière qui mérite amour et attentions

Courrier des lecteurs de Témoignages / 14 mars 2016

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Photo Toniox.

 

Nos élites n’auraient pas encore compris cette fantastique dynamique de vie qui est en train de se répandre sur l’ensemble de la planète ? Il y a quelques années, à ma grande surprise, un jeune agriculteur de Touraine me disait, en parlant des grandes plaines céréalières de la Beauce et de la Brie (la fierté de l’agriculture française) : « Ils sont en train de tuer la terre ». Il avait déjà compris que notre Terre est un milieu fragile que les humains doivent mieux connaître, respecter et aimer.

Partout dans le Monde, des millions de voix s’élèvent pour que ce vœu pieux devienne réalité. La politique de prédation qui a permis à l’espèce humaine son surprenant développement, ne peut se poursuivre sans danger pour sa propre survie. C’est aujourd’hui une politique de protection et de respect des grands équilibres de la vie, qui émerge un peu partout dans le Monde. L’ile de La Réunion est déjà en pointe dans ce domaine, mais elle est encore loin d’une gestion globale et vertueuse de son territoire. Il faut bien le reconnaître, l’enjeu est de taille : « rien de moins que trouver ici un équilibre durable entre l’homme et la nature ». 

Mais c’est l’enjeu de notre planète tout entière, cette ile minuscule au milieu de l’univers, cette ile qui ne peut attendre aucune aide extérieure d’hypothétiques extraterrestres. Alors, joue-t-on le jeu ou continuons-nous à préparer un monde invivable pour nos enfants ? Parc national ou régional, quelle importance si on n’a pas compris que c’est toute l’ile qu’il faut préserver et aimer. Réaménagement durable, oui, mais ne faisons pas subir au reste de l’ile le saccage prédateur des temps anciens.

Saïd Adjouba, sociologue et François Maugis, économiste
La Réunion


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