Di sak na pou di

Cinéma, crises, etc…

Témoignages.re / 24 octobre 2009

La lecture de la presse locale m’apprend qu’un festival de cinéma aligne un budget de… 300.000 euros pour cinq jours. Avec, il est vrai, la présence de quelques vedettes, qui animeront quelques ateliers, un chèque de 10.000 euros pour récompenser le meilleur film en compétition. Certes, des projections en plein air seront gratuites, mais pour des séances de six films sont proposés des pass de 30 euros.
D’accord, mais 300.000 euros, tout de même ! Non, je ne suis pas jaloux. En tant que président d’association, je ne peux que féliciter la présidente de ce festival. J’imagine bien quel cinéma elle a dû faire, quels films elle a dû tourner, pour convaincre les financeurs. Vraiment, je suis admiratif. Chapeau bas !
Quant aux autres présidents d’association, moi compris, il ne nous reste plus qu’à lui demander gentiment ou lui soutirer la recette. Et l’inscrire dans notre cahier de recettes : “Recette pour obtenir des financements”.
Car, nous, lorsque nous sollicitons les grands manitous, ils ne se gênent pas pour nous rétorquer le nouveau mot à la mode : crise ! « Ne savez-vous pas que nous sommes en période de crises ? ». Bien sûr, nous avons entendu parler des grandes crises ! Crise du changement climatique, crise de l’énergie, crise alimentaire et, plus récemment, crise économique et financière. Crise financière, surtout. Des réponses qui provoquent des… crises. Et oui, néna i tomb’ crise, quand ils ne savent plus sur la queue de quel diable tirer pour joindre les deux bouts. Il ne fait pas bon (surtout au moment où le monde entier affronte de grandes crises) d’être pauvre et vulnérable.
Au fait, qui a dit que le cinéma était en crise ? En tous cas, pas pour ceux qui savent « tourne films ». A moins que d’autres, en cette période de vaches maigres, mettent de l’argent (des autres) sur la table sans trop réfléchir. C’est ça le cinéma ! Bref, faisons-nous un film, pour voir…

Marc Kichenapanaïdou


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