Di sak na pou di

« Circulez, il n’y a plus rien à déclarer… »

Georges Benne / 18 février 2016

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Dans une île de 75 kilomètres sur 75 kilomètres, où la montagne couvre une bonne partie de sa surface, que reste-t-il pour contenir plus de cinq cent mille véhicules, dont certains sont de plus en plus longs et de plus en plus volumineux ? Comment faire pour arrêter ou tout simplement limiter ce flot ininterrompu qui grossit de jour en jour et qui finit par causer tant de désagréments depuis les lenteurs interminables dans la circulation, les embouteillages à n’en plus finir, les blocages incessants, jusqu’à l’exaspération, la fatigue et même le stress chez les conducteurs et chez les passagers ? Tel est le prix à payer à la société de consommation dans laquelle les Réunionnais sont entrés de plain-pied et qui pousse chacun d’entre nous à posséder sa propre voiture, quitte à lourdement s’endetter et à compliquer sa vie davantage, et qui fait que les voitures d’occasion iront remplir dans les multiples parcs éparpillés aux quatre coins de l’île.

Après la route du littoral, à flanc de montagne, toujours aussi périlleuse, la route des Tamarins, plus sûre parce qu’à l’intérieur des terres mais qui ne suffit pas, voilà la nouvelle route qui passera cette fois au-dessus de l’Océan et dont la construction soulève déjà d’incalculables problèmes : à cause de son coût trop élevé, des risques dus à la montée inexorable de la mer suite au réchauffement climatique, et aujourd’hui encore à cause du transport des roches que l’on ne peut pas trouver sur place et que l’on va chercher à Madagascar !

Apparemment, personne n’a l’air de s’inquiéter comme si l’on attendait je ne sais quel miracle. Nous sommes comme ces petits oiseaux de la fable, obstinément sourds aux avertissements de l’Hirondelle qui aura beau les prévenir du danger qui les menace et leur crier : « Voyez-vous cette main qui dans les airs chemine ? Un jour viendra qui n’est pas loin que ce qu’elle répand sera votre ruine. » Le mal pour nous est déjà fait. Si bien que le mot d’ordre général, des pouvoirs publics comme des autorités locales doit bien être celui-ci : « Circulez, il n’y plus rien à déclarer ! »

Georges Benne, 16 février 2016.


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