Di sak na pou di

Coca-Cola, un soda hors-la-loi !

Témoignages.re / 21 avril 2010

L’eau, aqua simplex est sans conteste le liquide le plus consommé par l’espèce humaine.
Divers thés se positionnent juste après.
Bien avant que l’on ne parle de la mondialisation, la firme Coca-Cola avait déjà sans embarras installé son empire transfrontalier.
Autant que je sache, la législation française impose un étiquetage sans ambages de tous les produits alimentaires industriels que nous consommons. Celui du Cok est des plus succinct, vraiment insuffisant.

Plus apprécié que la limonade

Que cette boisson gazéifiée soit hypersucrée nous le savions ; elle est donc peu recommandée à ceux qui sont en surcharge pondérale, déconseillée aux obèses.
Qu’initialement ce sirop déguisé utilisa du sucre de canne, lequel fut remplacé par du fructose de maïs transgénique ne nous comble pas à souhait. Est-ce un progrès qu’y avoir substitué des édulcorants : l’aspartame et l’acésulfame de potassium ? Il est à espérer qu’à La Réunion où la culture principale est Saccharum officinarum la confection de cette boisson sucrée se fasse avec le sucre d’origine.
Que ce soda doive sa couleur brune au caramel, nous le supposions.

Une marque à deux têtes végétales

Le Coca-Cola d’origine est un produit d’officine. Il a été mis au point par le pharmacien John Styph Pemberton, et fut dégusté officiellement à Atlanta le 8 mai 1886.
Comme il se doit, il résultait de l’association des feuilles du sud américain Erythroxylum coca et des noix des africains Coca acuminata ou Cola nitida.
Comme nous le savons, les feuilles du Coca sont riches en cocaïne ; il est clair que la boisson actuellement proposée est privée de cet alcaloïde, de cette drogue.
Erythroxylum novogratanense, présent au Jardin de l’État, est quant à lui pauvre en cocaïne.
Quant aux noix de Cola pourvues de caféine, elles continuent à être le masticatoire des Africains polygames. Il fallait bien honorer toutes les épouses. L’invention du Viagra a-t-il résolu cette chose due ?

« Extraits végétaux » n’est plus un mystère

La composition de la dite boisson n’est plus un secret. Le service de la Répression des fraudes devrait imposer à la firme, fut-elle américaine, le respect de notre législation.
Pour des phytochimistes, le fameux 7X n’est plus un secret.
1. Le 1er ingrédient est la Vanille d’origine mexicaine Vanilla planifolia. Ce qui curieux est que Madagascar fournisse à la firme de la « Vanille Bourbon ». Quant àTahiti, il fournit Vanilla tahitensis, mais les chercheurs de l’Université de Californie Riverside ont démontré en 2008 que cette Vanille tahitienne est en fait un hybride provoqué ou fortuit entre Vanilla planifolia et Vanilla odorata.
2. Cinnamomum cassia, la Cannelle de Chine est une épice non cultivée à La Réunion.
3. Myristica fragrans, le Muscadier y est parfois rencontré.
4. Coriandrum sativum, la Coriandre est un aromate bien connu des Réunionnais sous les noms vernaculaires de Cotomili ou Persil chinois.
5. Citrus limon, le Citron est un autre condiment présent (étymologiquement) dans les limonades traditionnelles.
6. L’huile essentielle de Néroli est extraite des fleurs du Bigaradier ou Oranger amer, Citrus aurantium. Cette HE doit son nom à la princesse de Nerola, Anne Marie d’Orsini.
7. Le 7ème ingrédient est la Lavande, mais dans l’excellent article de "plantes à boire" du n° 89 de la revue "La Garance Voyageuse" qui m’a servi de source, il n’est pas précisé de quel Lavandula il s’agit. La matière première fournie par Grasse (la ville des parfums) utilise certainement quelque(s) espèce(s) méditerranéennes du cru. Les Lavandes ornementales présentes à la Réunion ne sont pas de celles-là.

Roger Lavergne, Docteur ès Sciences en Botanique Tropicale Appliquée


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