Di sak na pou di

Comment le voisin devient l’ennemi

Julie Pontalba / 26 avril 2017

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Julie Pontalba.

Quand, dimanche 23, je suis allée accomplir mon vote, au bureau 65 à l’Ecole Candide Azéma de Saint Denis, j’avais en tête 2 choses : la formidable campagne en faveur de Mélenchon et l’assurance qu’il faudra s’organiser pour le 2e tour.

Cette campagne a placé Mélenchon en tête de la compétition à La Réunion. Il n’a pas atteint cette même performance en France. Le poids électoral a fait la différence. Ma déception est relative car je pense aux 86 000 électrices et électeurs qui ont fait le geste de prendre son bulletin, mais pas celui des 10 autres. Ils ont choisi, en leur âme et conscience. Je suis fière de faire partie de ce groupe premier.

Avec 11 candidats, un deuxième tour était inévitable. Nous le savions. Dans ces conditions prévisibles, les intérêts des travailleurs et de la population nécessiteuses ont été sacrifiés. Comme si leurs adversaires directs ne suffisaient pas, il y avait une tendance à dénigrer, puis à ringardiser leurs représentations politiques et syndicales.

Aujourd’hui, il n’y a qu’un choix : le renforcement des organisations politiques et syndicales des travailleurs en faveur d’un programme qui fait sens et redonne du pouvoir aux victimes. Ça tombe bien, le premier Mai se situe au milieu de la campagne du 2e tour. Il y a urgence à consolider les remparts socio-culturels avant la violence des décisions idéologiques qui s’annoncent. Quand des problèmes de société ne sont plus éclairés par la lutte des classes sociales et politiques, pour la victime l’ennemi est le voisin, le frère, la soeur...

Julie Pontalba, enseignante syndiquée et militante politique


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