Di sak na pou di

Communication et démagogie

Courrier des lecteurs de Témoignages / 8 novembre 2014

Dans l’opération « sauvons la planète », la région Réunion sous la présidence de Didier Robert, organise une journée « route ouverte » le 16 novembre. La route des Tamarins devient donc un endroit de promenade pour tout, sauf les véhicules à moteur. Route mise à l’honneur depuis mars 2010 par Monsieur Robert, car il n’était pas présent le jour de son ouverture réunionnaise et populaire le 23 juin 2009 alors que de nombreuses personnes étaient venues : travailleurs, ingénieurs, élus et citoyens,….foule enchantée par cet ouvrage magnifique et utile.

Mais quelle chance ! Comme il n’y a pas de jolis sentiers ombragés dans l’île (mais où passe donc le grand raid ?) on peut goûter à l’asphalte brûlant sous un chaud soleil matinal. Rien de mieux pour s’aérer et se retrouver en grand nombre et célébrer la joie du zéro auto, une fois par an. Zéro auto, mis à mal les autres 364 jours avec le Tout Auto qui règne en maître. Les projets régionaux ne favorisant pas les transports collectifs. Future route du littoral défavorable à la biodiversité marine et terrestre, ne tenant pas compte des avis réitérés des experts sur le changement climatique et la montée du niveau de la mer ainsi que des risques cycloniques plus fréquents et plus intenses.
Trans eco express, qui n’a « d’eco » que le nom et d’ « express » qu’un vœu pieux puisque les bus sont bloqués dans les embouteillages, faute de sites propres.

Dans l’opération « sauvons notre jeunesse », distribution clientéliste d’ordinateurs portables aux lycéens, sans concertation avec les enseignants. Mais aucun lycée sorti de terre depuis mars 2010.
Notre belle jeunesse devra se contenter de pianoter sur son clavier.
Dans l’opération « tout le monde dans l’avion » la démagogie l’emporte encore. Le personnel communal de certaines villes est mis à contribution un jour de semaine pour faire la foule manifestante, opération plus difficile à réaliser un dimanche et voilà une démonstration de masse qui tombe à l’eau. C’est l’argent des contribuables qui est utilisé pour faire voyager des gens sans tenir compte des critères sociaux et ainsi permettre aux compagnies aériennes de ne pas baisser leurs tarifs.
De la communication à outrance pour essayer de se faire réélire… voilà où nous en sommes, et l’intérêt général dans tout ça ? c’est lui le grand absent.

Marie-Hélène Berne


Kanalreunion.com