Di sak na pou di

Continuité territoriale : et les Réunionnais de Métropole ?

Témoignages.re / 6 septembre 2011

L’aide au voyage, abusivement appelée « continuité territoriale », connaît un succès qui montre qu’elle répond à un réel besoin, à une vraie demande sociale. La Région s’en félicite par le biais de placards publicitaires dans la presse. Son président y affirme que « la liberté de circuler sur l’ensemble du territoire national est un droit fondamental » et qu’il « mène un véritable combat en ce sens ».

La liberté de circuler et, plus encore, une vraie continuité territoriale constituent en effet une question essentielle pour le devenir de La Réunion. Elle se pose pour toutes les îles rattachées à un État continental puisque l’insularité rend les liaisons plus malaisées et augmente les surcoûts. Cette continuité territoriale est mise en œuvre par le Portugal à l’égard des Açores et de Madère, par l’Espagne vis-à-vis des Canaries, par la France concernant la Corse. Dans ce dernier cas, elle s’applique pour les voyageurs comme pour le fret, aussi bien par mer que par air, et s’élève à plus de 600 euros par habitant et par an. Les 10 euros par habitant accordés par l’État dans le même domaine aux Réunionnais montrent le chemin qui reste à parcourir. Je ne doute pas que le combat du président de la Région se poursuivra jusqu’à ce que La Réunion soit traitée au moins aussi bien que la Corse et il me trouvera à ses côtés dans ce combat-là.

La Région se félicite d’avoir amélioré et adapté le dispositif à de nouvelles catégories de personnes (femmes enceintes, personnes âgées ou souffrant d’un handicap…). Dont acte. Il est cependant une importante population qui reste à l’écart. Il s’agit des Réunionnais installés en Métropole qui ont laissé leurs familles et leurs racines ici et qui ne peuvent venir à La Réunion en raison du coût du voyage. Ils sont partis et on ne peut pas dire « bon débarras ! ». On ne peut pas tirer un trait sur eux et les ignorer. Nous qui sommes restés dans l’île avons une dette envers eux. S’ils n’avaient pas « sauté la mer », dans la cruauté des départs, les tensions à La Réunion sur le logement, l’emploi, l’occupation du territoire auraient été encore plus vives et menacé l’équilibre social. L’État, qui finance la continuité territoriale, accorde à ses fonctionnaires réunionnais de Métropole un congé périodique à La Réunion, afin qu’ils puissent s’y ressourcer. Ce besoin de ressourcement vaut aussi pour les Réunionnais émigrés non fonctionnaires. Il faut donc les faire bénéficier des dispositifs de continuité territoriale, sinon tous les ans, comme pour les Réunionnais résidents, mais au moins tous les trois ans comme pour la fonction publique « expatriée ». Ce serait une mesure très positive, pour des raisons humaines et culturelles évidentes, mais aussi pour des motifs économiques, une telle action ne pouvant que booster le tourisme affinitaire dont on connaît l’importance pour La Réunion. Ce n’est pas une question de coût : les Réunionnais en Métropole sont moins de 200.000, à peine un quart de la population résidente. S’ils faisaient appel dans les mêmes proportions à l’aide sociale aux voyages, il y aurait 10.000 à 12.000 voyages par an ; et si le droit s’exerçait tous les trois ans, le chiffre serait ramené à quelque 4.000. Au vu des 40.000 bénéficiaires actuels, on ne peut pas dire que cela déstabiliserait le système.

C’est pourquoi nous demandons que la Région étende à la communauté réunionnaise émigrée, partie intégrante de notre peuple, le bénéfice de la continuité territoriale. Cette communauté ne doit pas « être assignée à résidence », dans l’inconfort d’un exil sans retour et être exclue du « droit fondamental » qu’est « la liberté de circuler sur l’ensemble du territoire national », objet du combat du président de la Région. Ce serait un geste de solidarité, de justice et, pour tout dire, de simple humanité.

Wilfrid Bertile



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Messages






  • Tout fait d’accord !
    mon mari est originaire de la Runion, il a du quitter son ile natale l’age de 17 ans, aujourd’hui il en a 44 et n’a pu retourner que 2 fois la Runion, nous sommes une famille de 5 personnes cela veut dire au minimum 5000 euros pour le voyage sans compter le reste sur place, c’est inabordable !!!!
    Nous ne voyons pas pourquoi les runionnais auraient plus besoin d’aide pour venir en mtropole que ceux qui souhaitent retrouver leurs racines, leurs familles la Runion !
    Le droit devrait tre le mme pour tous !

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  • Réunionnaise,
    Cela fait 15 ans que je suis en métropole !
    Partir à la Reunion, juste pour voir la famille, c’est trop cher !
    Mes parents sont agees et ne peuvent pas prendre l’avion.
    Je suis vraiment pour que le système soit élargie aux reunionnais vivant en métropole.
    J’ai cherche du travail à la Reunion, mais le seul job que j’ai trouve c’est de pointer au chmage !
    Alors aidez nous a avoir la continuité métropole vers runion.
    Mes parents ont vu 2 fois leurs petits enfants !
    Aujourd’hui, je ne peux que conseiller aux reunionnais de ne pas partir vivre en métropole !
    Le marché de l’emploi est le même qu’à la réunion.
    Je pensais que la métropole pouvait m’apporter expérience pour un retour rapide à la réunion. Je me suis trompée.
    C’est une prison sans droit de pouvoir voir sa famille !
    Trop cher les billets vers la réunion.
    Rester proche de la famille est important. L’ennui est grande.

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  • Bonjour,

    J’aimerai savoir s’il existe une aide me permettant de venir à la Réunion avec mes deux enfants car j’ai quitté la Réunion en 2010 pour m’installer et travailler en métropole. Je suis divorcée et le papa de mes enfants réside à sainte Marie, j’aimerai que mes filles puissent venir à la Réunion voir leur papa !
    Elles sont âgées de 8 et 11 ans

    Cordialement
    Mlle Seffih

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  • bonjour ca fait 8ans que je suis en metropole mon ile me manque ma maman me manque jai 46 ans a charge 4 enfant je ne peu meme pas me payer un billet pour aller voir ma maman jai toute essayer pour trouver des aides rien a faire je me decourage ma maman elle a 83ans jaurais aimer passer des vacance avec elle si vous avez des solution je veux bien merci.

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  • bonjour je voudrais savoir si il existe des aide pour les creole qui sont en metropole merci

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  • bonjour je voudrais savoir si il y a des aides pour la réunion je suis né a la réunion et grandie en france mon père est a la réunion est il est malade

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  • bonjour que pourrais je avoir comme aide pour rentré a la Réunion car cela fait 24 ans que je vis en France et ma mére vivant au Port est tres malade . merci

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  • Instructif, avec un sujet pertinent, sincères congratulations en ce qui concerne votrebillet.

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  • résidant en métropole depuis 1967, je souhaiterai savoir comment faire pour bénéficier d’une aide sur un billet pour la réunion

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  • Dans les années 70 avec le monopole AIR-France et la politique coloniale menée dans les DOM. Un billet Réunion-France c’était UNE année de SMIG ( Le smig de l’époque 1/2 Metropole) . Aujourd’hui à certaines périodes c’est environ la moitié du SMIG soit environ 500 euros. Une aide selon les revenus devrait plus consistée dans l’attribution de moyen de se loger VVF pour exemple. Ce qui est en place dans les autres DOM et à noter que ceux du service public originaire de DOM continuent à l’attribution des billets par l’état.

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