Di sak na pou di

Crise financière et fin du service public

Témoignages.re / 23 juin 2011

La Grèce va bientôt privatiser ses services publics. En France aussi, il y a une volonté politique d’aller vers la privatisation des services publics. C’est déjà commencé avec la diminution des effectifs dans l’Éducation nationale, les Impôts, les tribunaux, la police, les hôpitaux et les collectivités territoriales.
D’après la revue “La Voix” de mars 2011 : « l’objectif est de réduire le nombre des fonctionnaires de 5 millions à 700.000 et de proposer aux agents publics des contrats de droit privé ». En effet, la proposition de loi Mancel du 13 janvier 2011 prévoit de « réserver le statut de fonctionnaire aux missions régaliennes, à savoir l’état civil et la police, et de recruter dans les services publics sur des contrats de droit privé ». Une autre proposition de loi du 27 janvier 2009 qui complète cette démarche est celle de la liberté de recrutement par les collectivités territoriales, qui indique que celles-ci peuvent « désormais recruter des personnes du privé pour assurer des missions de service public et qui prévoit de faire du contrat privé la règle du droit commun », c’est ce qui est aussi décrit dans la loi de modernisation de la fonction publique.

Ces lois ont pour objectif d’introduire dans le service public une notion de travail provenant du privé qui est la flexibilité (embauche à court terme et pour des besoins précis). Daniel Leroy (porte-parole des Associations des maires de France) explique : « cette proposition de loi traduit une offensive en marche depuis quatre-cinq ans lancée par l’État contre les fonctionnaires ».

Cependant, au-delà de cette volonté politique, il y a aussi la volonté des banquiers et maintenant des assurances à ce que la privatisation gagne sur tous les terrains pour se faire encore plus d’argent sur le dos des citoyens. Nous constatons que ce train est déjà en marche. Quel rapport avec la crise grecque ? La crise financière de 2007 provoquée par les banques américaines qui frappe tous les pays du monde, et plus particulièrement l’Europe, a entraîné l’endettement des pays les plus fragiles sur le plan économique. Et la seule façon de s’en sortir, c’est de tout privatiser. Cette privatisation fera le bonheur des banquiers qui n’attendent que ça avec la complicité des agences de notation qui travaillent avec eux et des gouvernements. Ainsi, les banques et les assurances privées proposent déjà toutes sortes de contrats jusque dans le domaine de la santé.

Il faut savoir que le pouvoir d’achat des fonctionnaires a diminué de 10% depuis ces cinq dernières années alors que les taxes et cotisations de toutes sortes ont augmenté. Le point d’indice sera encore gelé l’année prochaine. Entre temps, les banquiers et les spéculateurs continuent de s’enrichir. Aujourd’hui, ils spéculent sur les denrées alimentaires de base.

Enfin, avant de prêter encore de l’argent à la Grèce, le FMI et le ministre des Finances de l’Union européenne espèrent que le Parlement grec « va entériner un nouveau train de mesures d’économies et de privatisation pour réduire le déficit public ». Voilà, si vous n’avez encore rien compris, il suffit de lire cet ouvrage : “Manifeste d’économistes atterrés - Les liens qui libèrent-2010”, signé par 630 économistes. Ce livre révèle que « sous pression du FMI et de la Commission européenne, la Grèce doit privatiser ses services publics et l’Espagne flexibiliser son marché du travail ».

Ainsi, tous nos maux viennent, d’après ce manifeste, de « la financiarisation de la dette publique qui a été inscrite dans le Traité de Maastricht. Il s’agit de soumettre les États supposés par nature trop dépensiers à la discipline de marchés financiers supposés par nature efficients et omniscients ». C’est toute la zone euro qui est touchée. L’Espagne, l’Italie, le Portugal vont devoir aussi tout privatiser pour s’en sortir. Mais, est-ce normal que les citoyens payent pour la gourmandise des banquiers dont le seul mobile est la cupidité (dixit J. Stiglitz Prix Nobel d’Économie). Il faut vite réagir, car cette crise n’est pas terminée, elle risque même de s’aggraver. Et c’est le début de la fin du service public. Affaire à suivre.

Gabrielle Marie


Kanalreunion.com