Di sak na pou di

D’un coup de fil de Bruny Payet à celui du chef d’une petite entreprise réunionnaise…

Raymond Lauret / 21 août 2015

J’ai appris à le savoir : un coup de fil de Bruny Payet n’est jamais sans intérêt. Et le tout dernier qu’il m’a passé mérite, je le crois, d’être porté à la connaissance d’un certain public.
Faisant allusion à l’article que Cédric Boulland a consacré, dans l’édition du Quotidien de ce lundi 17 août, à la nouvelle chocolaterie et à la siroperie que le groupe réunionnais Mascarin est en train de réaliser au Port, le fondateur de la CGTR met beaucoup d’espoir dans l’intention annoncée par le PDG de cette société : « Monter à La Réunion une petite unité de transformation de fèves de cacao… ». Pour Bruny, Cédric Boulland n’a pas tort quand il conclut son article en disant : « Il ne restera plus qu’à lancer une culture locale à grande échelle pour couvrir tous les maillons de la chaine. Un doux rêve… mais un jour, qui sait ? ». Car, me rappelle-t-il exemples à l’appui, il fut un temps où les cours de nombreux Réunionnais ne manquaient pas de cacaoyers (ou cacaotiers) qui permettaient une très bonne récolte de cacao. Bien entendu, la « production » globale de ce fruit – dont on extrait des matières grasses et qui donne du chocolat - était à l’époque réduite au nombre d’arbres qui existaient chez de simples citoyens. Et Bruny de penser que ce qui était possible autrefois pourrait plaider pour que les industriels et producteurs d’aujourd’hui, aidés par les pouvoirs publics et par notre Chambre d’Agriculture, passent le cap du rêve pour tenter un bel et généreux pari … Qui donc nous disait que la révolution et l’avancée des idées commencent toujours par un grand rêve…

Un autre coup de fil, celui du chef d’une de ces petites entreprises réunionnaises qui n’ont pas, selon certains bureaux d’études, la dimension pour que leur soient attribués certains chantiers, mêmes modestes alors qu’ils sont moins-disants. Pourquoi ce coup de fil ? Ce chef d’entreprise n’a pas oublié que, président de la Commission d’Appels d’Offres de la Région, avec d’autres collègues de toutes tendances politiques, nous avions su plaider pour que « notre collectivité accepte de prendre le risque de confier certains chantiers à des petites entreprises locales dès lors que leurs propositions de prix étaient les moins élevées ». Et jamais nous n’avions eu à regretter ce choix pleinement politique. De grands chantiers réunionnais ont vu des grandes et des petites entreprises du BTP œuvrer en parfaite harmonie les unes à côté des autres.
Informé que sa société, pourtant moins-disante, serait écartée sur une affaire qui entre tout à fait dans son champ de compétence, ce chef d’entreprise me demandait conseil. Je me permettais de lui suggérer d’écrire directement, et en des termes tout simples, au responsable de l’Administration donneur d’ordre pour l’informer de ce qui a pu lui échapper.

Me revenaient alors ces lignes écrites un jour par Pierre Guilbert : « Si tu sais préférer l’espérance au soupçon, si tu estimes que c’est à toi de faire le premier pas, si tu crois que la paix est possible, alors viendra la paix ». Des lignes qui s’adressent à moi, à vous, à chacun d’entre nous, là où nous sommes dans l’échelle de la vie.


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