Di sak na pou di

Dangereuses tensions

Courrier des lecteurs de Témoignages / 29 mai 2017

JPEG - 17.3 ko

Si l’on se réfère à nos critères occidentaux, il y a belle lurette que la moitié du monde vit sous le seuil de pauvreté et cette situation ne s’améliore pas. On dit même que cette épidémie de pauvreté touche de plus en plus les pays riches. La concentration des pouvoirs et son corollaire, la croissance des inégalités, aurait dû depuis longtemps alerter le citoyen. Or il n’en n’est rien, pourquoi ? Tout simplement parce que cette information dérange. Même si leur nombre diminue, les nantis ont intérêt à ce que cela ne se sache pas trop. Cette information irait à l’encontre du message politiquement correct qui vante les mérites de la croissance et du progrès.

Imaginez une véritable démocratie mondiale. Avec plus de 50 % de laissés pour compte, un partage plus équitable des richesses serait vite voté. Ce sont bien les tensions dues aux inégalités sociales qui ont déclenché toutes les révolutions du monde, les deux guerres mondiales et, probablement, le terrorisme. On a bien créé l’ONU pour éviter une troisième guerre mondiale mais on s’est bien gardé de donner à cet organisme un statut totalement démocratique. Les pays riches gardent la maitrise de toutes les décisions.

Si l’on ne change pas la donne, je ne vois pas comment on pourrait éviter cette montée croissante des déséquilibres et des tensions. Noyer le poisson dans de beaux discours a une limite que, malheureusement, nous ne sommes pas loin de franchir.

François Maugis

La Réunion