Di sak na pou di

De la philosophie

Georges Benne / 17 juin 2014

Chaque année, avec l’examen du baccalauréat, revient l’incontournable épreuve de philosophie, tant redoutée par la plupart des candidats, mais qu’ils finissent cependant par accepter, contraints et forcés. Un peu comme les rites d’initiation que doivent subir les jeunes garçons, dans les sociétés dites primitives, pour entrer dans la vie d’adulte.

« La philosophie, disait déjà Alain, est une mauvaise occupation pour un jeune homme – il faudrait ajouter pour une jeune fille - ; comme il ne sait pas encore considérer avec attention la nature des choses, il en est réduit à une espèce d’algèbre, pleine de notations équivoques. »

Cent ans après, rien n’a changé apparemment. Cette noble discipline, censée ouvrir et former les esprits, suscite, à l’évidence, si peu d’intérêt qu’elle finit par rebuter plus d’un et l’en éloigner à tout jamais. Le malentendu est tel qu’on ne sait même plus aujourd’hui, ou qu’on ne veut pas savoir, ce que le mot veut dire. Comment en serait-il autrement si, en une seule année, on ne fait que parcourir au grand galop l’œuvre de ces grands penseurs alors qu’une vie entière ne suffirait pas pour connaître à fond la pensée d’un seul d’entre eux.

S’il y avait une définition à proposer, nous pourrions prendre cette simple phrase d’Alain : « Le plus difficile au monde, c’est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser. »

Georges Benne


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