Di sak na pou di

De vraies mesures d’urgence pour les jeunes

Témoignages.re / 12 février 2013

Il ne s’agit pas d’émeutes, ni de révolte, mais d’une contestation légitime des jeunes, qui en ont assez d’être au chômage. Cette gangrène est en train de tuer notre pays et pas un responsable politique ne réunit acteurs économiques, associatifs et d’État pour trouver des solutions. Non, on crie aux contrats aidés, aux contrats précaires, qui servent au clientélisme qu’à sortir les jeunes de la misère. Ce ne sont pas des casseurs, ni des paresseux, non, ce sont des jeunes qui en ont marre de rester chez eux, à ne rien faire et à se faire montrer du doigt.

Cela fait des années qu’on prévient l’opinion publique, les dirigeants, de la tension qui monte chez les jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais même avec ça, rien n’est fait : près de 60% des jeunes de 15-24 ans sont sans emploi. Six personnes sur dix. Cette situation n’inquiète pas.

On dénonce, on juge, on rafistole, mais quelles sont les solutions ? La priorité à l’embauche des jeunes ! Depuis qu’on a créé notre mouvement (AJFER), on nous a traités de racistes, de fous, d’illusionnistes, de démagogues, de populistes... Aujourd’hui, la situation est telle que, finalement, tous (syndicats, partis politiques, associations, pouvoirs publics) s’accordent à dire « Priorité à l’embauche des Réunionnais ».

Nous militons chaque jour pour que cette mesure soit prise en compte par tous. Cette proposition n’est pas compliquée, ni même impossible, mais juste et indispensable pour les milliers de jeunes. Où est la volonté politique de lutter contre le chômage quand les seules propositions sont les contrats aidés, les contrats d’avenir, les contrats de génération... Tellement d’appellations pour dire Contrat à durée déterminée, c’est-à-dire sans avenir, ni perspectives.

Nous méritons mieux que des mesurettes et de la condescendance de la part des politiques, nous méritons un emploi pour construire notre avenir comme nos parents et nos grands-parents ont pu en bénéficier pour faire vivre leur famille. Ce que tous oublient, c’est que si nous ne travaillons pas, nous ne paierons pas vos retraites. Avec un tel argument, il y a peut-être des chances pour qu’un sursaut se fasse sentir afin de mettre en place des mesures d’urgence contre le chômage.

L’AJFER demande à nouveau de dresser les besoins en emplois qualifiants et d’y adapter les formations ; de mettre en place des accords entre les différents acteurs (écoles, entreprises, agences de recrutement) pour que l’emploi des Réunionnais se fasse en priorité ; d’adapter à la situation réunionnaise le recrutement dans le service public, de développer les filières porteuses d’avenir telles l’environnement, le social, l’accompagnement des personnes âgées, la pêche et l’aquaculture ; d’accompagner les entrepreneurs à créer de l’emploi à La Réunion.

Est-ce si compliqué de laisser les jeunes Réunionnais rester dans leur pays pour travailler ? Est-ce juste d’envoyer des jeunes en France ou ailleurs pour être maltraités (cf. article du Quotidien ; "Sauter la mer pour l’enfer") ? Va-t-on nous laisser mourir dans la misère ?

Frédéric Mourate,
militante de l’AJFER-Nou Lé Kapab


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