Di sak na pou di

Démocratie : Didier Robert peut mieux faire

Témoignages.re / 19 mai 2010

La fièvre des Régionales est retombée. Il est donc permis de se livrer à quelques réflexions sur nos pratiques démocratiques avec plus de sérénité. La liste menée par Didier Robert a rassemblé 143.485 voix d’un corps électoral qui en comptait 550.480 au 21 mars dernier. Autrement dit, c’est à peine un peu plus d’un quart (26,1%) du corps électoral qui a donné les "clés" de la Pyramide inversée à Didier Robert et son équipe. Tant pis pour ceux qui n’ont pas voté ou dont le vote n’a pas été pris en compte.
Cela n’enlève rien à la légitimité de Monsieur Robert pour mener les affaires de la Région puisque c’est la loi électorale qui autorise cette situation. Au demeurant, six ans plus tôt, Paul Vergès et son équipe avaient rassemblé 135.706 électeurs sur les 463.654 du corps électoral, soit un peu plus de 29%. Pas de quoi pavoiser. Et pourtant, ces élus "légaux" prennent des décisions lourdes de conséquences en dehors de toute consultation populaire.
Tant qu’il s’agit de construire des lycées ou de gérer les affaires courantes, pourquoi pas ? Mais lorsque des projets de longue haleine comme celui du tram-train ou de la liaison routière de Saint-Denis à La Possession sont en jeu, la démocratie gagnerait à ce que le corps électoral soit consulté, engageant ainsi la collectivité au-delà des péripéties politiciennes. Notre Constitution permet l’organisation de référendums locaux… depuis 2004, mais jusqu’ici, cette ouverture législative a été boudée par toutes les Régions et tous les Départements ! Seules 31 communes en ont organisé de 2004 à 2009…
Voilà une bonne occasion de nous singulariser en démontrant à la nation tout entière que, ici, la démocratie n’est pas un vain mot. Mais comme toujours, le diable se cache dans les détails. Ainsi, l’article L1112-20 du Code général des collectivités territoriales montre le peu de considération du législateur pour les électeurs qui sont sommés de faire « … connaître par oui ou par non s’ils approuvent le projet de délibération… ». Alors un véritable débat avec une authentique sanction démocratique sur un « schéma régional des infrastructures et des transports » (compétence de la Région dans la loi du 13 août 2004) mettant en perspective plusieurs solutions n’est pas pour demain.
C’est oui ou c’est non, mais pas de possibilités d’un éventail de choix plus large. Malgré cette réserve, Monsieur Robert et son équipe auraient tout à gagner à faire progresser la démocratie dans notre île en organisant un référendum sur un tel schéma des transports régionaux. Un référendum précédé d’un large débat populaire permettrait aux Réunionnais de s’approprier leur avenir dans ce domaine stratégique. Chiche !

Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis


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