Di sak na pou di

Derrière l’affiche du moratoire, les suppressions de postes vont continuer

Témoignages.re / 24 juin 2011

Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il n’y aura pas de fermetures de classes en Primaire en 2012. Période préélectorale oblige. S’inquièterait-il pour son poste de président en 2012 ? Serait-il dans la séduction des électeurs pour les élections sénatoriales ?

Les parents et les syndicats manifestent depuis plusieurs mois pour dénoncer la politique de casse de l’Éducation nationale. Selon le budget de l’État 2011, près de 16.000 postes seront supprimés à la rentrée, dont 8.967 postes dans les écoles primaires. 92 fermetures de classes maternelles et élémentaires sont prévues dans toute l’Académie de La Réunion.

Ce gel des suppressions de classes apparaît bien comme un tour de passe-passe de politique politicienne de la part de ce gouvernement en quête d’électeurs. Nous, électeurs, nous ne sommes pas des « kouyon » à qui on fait des promesses qui ne seront pas tenues. C’est une mesure en trompe-l’œil. Ce moratoire sur les fermetures de classes, effet d’annonce, n’est qu’un écran de fumée qui masque les vrais problèmes que rencontrent les enseignants au quotidien.

D’abord, ce président de la République soi-disant favorable pour prioriser l’école a fait abstraction sur plusieurs menaces qui pèsent sur l’Éducation nationale.

A aucun moment le président, qui essaie de calmer le mécontentement des parents d’élèves électeurs, n’aborde la question de la formation des enseignants. Les jeunes enseignants ont besoin de conseillers qui les suivent toute l’année. Déjà que la formation des maîtres est devenue quasiment nulle, si on ne les conseille pas en début de carrière, la qualité de l’enseignement risque d’en pâtir.

Quid de l’augmentation des places au concours des professeurs des écoles, des enseignants dans le Secondaire ? Quel va être le devenir professionnel des étudiants qui ont choisi d’apprendre ce métier ? Comment maintenir le nombre de classes ouvertes si les départs à la retraite ne sont pas remplacés ? Quid des suppressions de postes dans le Secondaire ?

Le gouvernement évoque également le mot « démographie » pour justifier les fermetures. Les parents d’élèves, accompagnés des syndicats et des élus, répondent que l’école est une priorité, c’est le premier ascenseur social. Il faut tenir compte des critères sociaux des élèves plus que du compteur chiffré pour décider ou non de la fermeture des classes.

Nous rejoignons le président qui nous rappelle avec prudence que la France ne doit pas connaître les mêmes problèmes économiques de la Grèce. Mais l’Éducation nationale ne doit pas non plus être la cible de la politique ultralibérale de ce gouvernement qui construit de plus en plus une éducation au rabais. Nos générations futures paieront les pots cassés de ce gouvernement qui priorise les lourdes dépenses en Libye au détriment d’un enseignement de qualité.

L’Académie de La Réunion est classée en queue de placement en matière d’évaluations. De nombreux élèves sont en décrochage scolaire de par les difficultés rencontrées dans la maitrise des acquis fondamentaux. Nous demandons au Président Nicolas Sarkozy de ne pas supprimer tout simplement les postes dans l’Éducation nationale. L’école, c’est ce que doit la République à chaque enfant. En 5 ans, ce gouvernement aura réussi à mettre à terre notre École, et ça, les parents d’élèves s’en sont rendu compte.

C’est dans ce sens que la municipalité de Sainte-Suzanne, par la voix d’Aline Murin-Hoarau, adjointe aux Affaires scolaires, apportera son soutien à la communauté éducative et aux associations de parents d’élèves en présentant une motion au prochain Conseil municipal pour marquer leurs inquiétudes contre ces nombreuses suppressions de classes.

Aline Murin-Hoarau


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