Di sak na pou di

Des captifs de l’injustice murmurent...

Témoignages.re / 2 mars 2010

Eh ! vous là-bas ! En haut là-bas ! Les riches ! Oui, vous, les riches de plus en plus riches. Les très riches ! Les vrais ! Bel entregent ricanant que voilà ! Cachez donc votre égoïsme, pour le moins !

Ecoutez plutôt ! Ici ! Oui, ici ! Pas entre vous ! Pas là-bas, voyons !
Oh ! Vous ! Oui ! Vous ! Messieurs les riches riches ! Les mauvais riches ? Eh bien, oui, enfin ! Chut !

Riches ou par nos voix dans l’urne ou par l’argent ou par le savoir ou par la puissance avilissante dont on ne sait quelles combines, ruses ou pressions, ou turpitudes... et patati et patata ! Ne faites pas obstacles, concertées ou non !

"Liberté-Egalité-Fraternité" ? En auriez-vous oublié les fondements et les implications ? Hier, souffrances ! Générations après générations ! Aujourd’hui ? Encore ! Et demain ? Celles des affamés de pain, de loisirs, de savoirs, d’espoirs toujours avortés ? Encore ! Et après-demain, celles des efflanqués, peut-être, interpellant encore les opulents ? Et les opprimés interpellant encore les puissants ? Nous savons, nous, les déshérités, que l’égalité absolue est une chimère et que, fût-elle réalisable, elle serait funeste ! Mais quand même ! Décence ! Commisération et condescendance ? Des miettes ? Ce qu’il en reste de dernière catégorie étalée aux derniers rayons du bas ? A ne pas souhaiter et n’y pensons plus !

Vous-mêmes, encore ! Oui, vous ! Et peut-être avec d’autres encore ! Vous qui avez beaucoup reçu ! Comment et pourquoi ? Interrogez donc l’Histoire ! Et regardez, écoutez.
Ecoutez encore les multitudes muettes ou silencieuses, déroutées, qui scrutent, observent, essayent, s’interrogent, interrogent, attendent ! Encore et encore !
Très dociles, malléables et patientes, il y a peu ; aujourd’hui, un potentiel économique puissant... Sinon, demain, quand, en qui, des plaques tectoniques sociales, car les fruits du travail et de la croissance nous intéressent tous ? En conséquence, mutualisons toutes les forces en vue du bien commun. Pourquoi pas ? Mais chacun à sa place !

Allons, faites un pas. A l’œuvre. Vous avec nous. Nous avec vous, pour des valeurs plus humaines. Fraternelles ! Osons et agissons. Unissons nos forces. Ensemble et non séparément ; ainsi l’avenir pourra sourire à nos enfants et à vos enfants. Et pour vous, et pour nous. Rencontrons nos espoirs, nos énergies, nos forces : Alliance du capital et du travail ! Pas l’un sans l’autre. Dans une juste répartition. Ensemble ! Croyez-vous que cela ferait mal ? Que non pas ! Tous gagnants au contraire !

Vous êtes libres. Réfléchissez, calculez, pesez, évaluer, décidez, car le temps passe et n’attend pas. Le temps presse et les pauvres, les vrais, sont à l’écoute. Allons donc ! Parlez, mais ne brisez pas les aspirations des hommes de paix.

Vous avez reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que nous. Beaucoup plus ! Bien plus !

Alors, aidez-nous à nous délivrer de l’esclavage d’une certaine pauvreté dans cette Histoire imméritée. Qui peut la nier ? Paresseux, aurions-nous tous été ? Allons donc ! Mauvaise plaisanterie !

Aidez-nous plutôt à vous délivrer de cette forme d’esclavage qui enfante et entretient l’excessive richesse insatiable pouvant devenir féroce.

Alliés, nous vous aidons, vous nous aidez. Non pas dans la haine, non pas dans la vengeance, mais ensemble, dans le respect mutuel.

De nos rivages aux sommets de nos montagnes, enfantons l’utopie d’une grande espérance, celle de La Réunion. Espérons...

Joseph Mondon
(Les Avirons)


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