Di sak na pou di

Des cardinaux nommés, mais point chez nous

Témoignages.re / 25 octobre 2010

« Be not afraid, this isle is full of noises… », disait Shakespeare. Notre évêque, qui sait aussi s’exprimer dans d’autres langues que celle de Molière, sait lui aussi que notre île est pleine de fureur. Et la fureur nuit. Aurait-elle nui à notre évêque aussi ?

C’est sûr que Mgr Gilbert Aubry a été ces derniers temps soumis à de bien rudes épreuves (que nous ne rappellerons pas) qu’il a fort mal vécues. Mais dans le cœur des ses ouailles et de ses compatriotes en général, il n’a jamais sombré.

Je m’explique : c’est un fait que notre île a été oubliée par le Vatican, qui vient de nommer vingt nouveaux cardinaux électeurs, lors du troisième consistoire qui porte à 62 le nombre de nouveaux cardinaux électeurs depuis le début du pontificat en avril 2005 de Benoît XVI. Et pourtant, pour ne pas en dire plus, disons que c’était dans l’air du temps…

Notre évêque a certes connu le creux de la vague, mais il a réussi à reprendre en mains son peuple, il est redevenu le pasteur avec sa croche, et il dirige les catholiques vers le bien contre le mal. Quel est l’homme politique ou religieux qui arrive à rassembler couramment 10.000 et jusqu’à 20.000 personnes pour une cérémonie ? Mgr Aubry est très écouté, en quelque langue qu’il utilise. Il est aimé, c’est sûr, surtout après la publication de son dernier livre “Lumière sur Rivière Noire”, qui a fait pleurer tant et tant de personnes, touchées au plus profond de leur être (plus de 200 dédicaces en une séance, cela prouve l’intérêt d’un tel ouvrage).

Est-ce la méconnaissance du Vatican de la personnalité et du travail formidable que notre évêque entreprend au sein de son peuple ? Il est vrai qu’il y avait pléthore de candidats.

Le rôle du cardinal électeur est d’être membre du sacré collège conseiller du pape. Gilbert Aubry, compte tenu de son âge (59 ans) et de sa spiritualité intérieure, est à mon humble avis tout à fait capable de mener une telle action. C’était d’autant plus vrai que, dans la zone Sud de l’océan Indien, il n’y a plus de cardinal pour être près du pape.

Espérons que le souverain pontife, lors du prochain consistoire, pensera à notre île et que notre évêque fera partie des nouveaux princes de l’Église Universelle, Benoît XVI ayant toujours eu à cœur semble-t-il que ces derniers proviennent des différentes parties de la planète et reflètent l’universalité de l’Église.

Si l’ancien Premier ministre Michel Rocard avait déclaré qu’il « n’a pas à porter tous les péchés du monde », notre prélat, lui, porte sur ses pauvres épaules les péchés de toute la communauté catholique de La Réunion. Il a chèrement payé son engagement, pour que Benoît XVI s’en souvienne et lui glisse au doigt l’anneau cardinalice. Christ n’a-t-il pas dit : « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » ?

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com