Di sak na pou di

Des mesurettes pour tout changer ?

Témoignages.re / 16 mars 2012

Au cours des récents évènements qui ont à un certain moment mis en péril les fondations de notre système départemental ou colonial, d’après l’endroit où l’on se trouve. En haut ou en bas, le préfet isolé, abandonné par les élus (ceux-là qui sont responsables du chaos), proposa à une foule de délaissés un débat qui, paraît-il, permettra de trouver une solution aux problèmes de la vie chère et de sortir du gouffre. S’il est facile de descendre aux enfers, il est très difficile d’en sortir. Quelques jours après, les intéressés ont pu voir ledit débat marqué par l’absence de nos élus qui ont une certaine tendance à ne plus assumer leurs responsabilités et à oublier leurs promesses électorales : « du bonheur pour tous », disent-ils. Enfin, c’est ce que j’entends depuis 60 ans. Mais ne jetons pas la pierre à tout le monde, car certains élus avaient établi une liste de produits de première nécessité et à un moindre prix il y a quelques années. C’est déjà une victoire même si tous les auditeurs avaient eu l’impression de déjà vu. Mais beaucoup paraissaient ne pas être satisfaits, car cette décision a éteint l’incendie.
Très bien en dépit des réflexions des bavards diplômés (des théoriciens). Normal quand on a été roulé une fois et d’autant plus que les mêmes âneries n’étaient pas que des mesurettes, des clopinettes. Le fait de vendre moins cher un biberon ne suffit pas à l’équilibre alimentaire d’un bébé. En fait, ce débat n’a mené à rien et a terminé en « eau de boudin ». Puis, le petit groupe de discussion se sépara sans parler des vraies conditions qui sont les causes de toutes les misères du mal-être des habitants de ce pays. C’est une honte et rien n’a été vraiment résolu. Alors qu’il est possible de prendre d’autres mesures pour le long terme. Comme par exemple bloquer les prix des loyers. Ce qui avait été fait dans d’autres pays. En Égypte, il existe une loi, la loi Farouk (le dernier roi), qui interdit d’augmenter les loyers, ce qui fait que les Cairotes ne paient que 10 francs par mois comme en 1953. Dans ce cas, il n’y avait plus de problèmes.
Trop beau ! Ici, les pauvres sont réduits à se loger dans des maisons ou appartements qui ne valent rien et ils paient le prix fort. Parmi ceux qui trinquent, il y a ces pauvres conducteurs qui sont soumis à des lois qui, à la longue, donnent l’impression de sanctions : le contrôle des tacots, ces voitures pourries qui ne peuvent provoquer des accidents, le changement des plaques, le port d’un gilet jaune, le triangle et l’éthylotest, la taxe carbone et quoi encore ? Et pourquoi ne pas supprimer les radars qui sont la hantise des travailleurs qui, pris dans les embouteillages, ne savent plus s’ils doivent perdre leurs permis ou leur boulot ? Nous sommes vraiment tous des vaches à lait. Il faut souligner l’aide précieuse de certaines associations qui sont seules à s’intéresser à tous ces problèmes, mais elles aussi un jour n’arriveront plus à faire face, car elles seront de moins en moins subventionnées. Il faut par contre les soutenir, car elles sont plus proches du peuple que les élus. Et si je m’adresse à elles, c’est parce que nous avons besoin de bien plus que de quelques promesses, et aussi parce que ceux qui ont connu le pouvoir ne peuvent plus penser à autre chose.
Je dénonce aussi, par ailleurs, tous ces élus carriéristes qui ont fait leur temps et qui, aujourd’hui, sont à des années-lumière de la cause de tous nos maux. Combien vont à l’Assemblée nationale débattre de nos problèmes ? Il faut les compter sur les doigts d’une main, et encore, il y en a trop. Il n’y a plus de grands chantiers (je pense au projet Tram-train qui a été mis au rang des oubliettes, qui aurait pu créer des emplois), le secteur du bâtiment est en rade, l’agriculture et les éleveurs n’arrivent plus à joindre les deux bouts… Bref, rien ne va plus dans notre pays. Enfin, que font nos élus ?

Lucet Marie


Kanalreunion.com