Di sak na pou di

Des “Primaires”... à la République

Témoignages.re / 29 août 2009

À plus de trois années de la prochaine élection présidentielle française, des socialistes, et non des moindres, battent le rappel pour réclamer à cor et à cri des “Primaires” en vue de désigner le candidat de la Gauche, qui sera forcément l’un des leurs. Comme s’ils ne voulaient pas être pris de court comme la dernière fois lorsque Ségolène Royal a surgi et leur a ravi la première place. Devant toute cette agitation, Jean-Luc Mélanchon en a le souffle coupé, qui s’écrie : « Les socialistes ne se rendent pas compte de l’énormité de leurs prétentions ». Surtout après le cuisant revers des Européennes !

Mais au-delà de leurs ambitions personnelles, quel sens donnent-ils donc à ce scrutin et surtout quelle signification prêtent-ils au mot “République” ? Voici ce qu’écrivait à ce sujet le Père Jean Cardonnel dans un article paru à la veille de la Présidentielle de 2002 et qu’il avait lui-même intitulé “Le président après ! D’abord la République !”  : « D’un mot, je suis trop passionné de la République pour la réduire, la borner à la question secondaire de son président. Ce qui me choque, me scandalise au plus haut point, c’est que la République est postulée. Et quand j’écris qu’elle constitue un postulat, me voici encore bien trop indulgent. En réalité, dans les structures mentales et sociales des Réunionnais (1) comme des Français du territoire national métropolitain, la République n’est même pas postulée — elle est présupposée — pire : elle est sous-entendue. (…) On présuppose, on sous-entend cela même qu’il s’agit de prouver, de fonder, de connaître, de chercher laborieusement, passionnément pour enfin le trouver puis toujours davantage l’approfondir. Je vois bien alors que l’opération qui consiste à postuler, à présupposer, à sous-entendre est loin d’être innocente. C’est la solution de facilité, de paresse fondamentale. Elle résulte d’un programme énorme d’infantilisation méthodique débouchant sur ce que Cornélius Castoriadis appelle la montée de l’insignifiance ».

(1) Ce texte a paru dans le Courrier des lecteurs de la presse de La Réunion.

Georges Benne


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