Di sak na pou di

Dette ou stratégie de casse sociale ?

Témoignages.re / 17 décembre 2011

Noam Chomsky linguiste nord-américain a décodé 10 Stratégies de Manipulation de l’opinion à travers les médias. L’une d’entre elles mérite toute notre attention :
Cette stratégie consiste à « Créer des problèmes, puis offrir des solutions. Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics ».
C’est sans doute à cette stratégie que le milliardaire David Rockefeller faisait illusion, quand il écrivait :
«  Tout ce dont nous avons besoin , c’est de la crise majeure et le peuple acceptera le nouvel ordre mondial ».
Étrange coïncidence ! Le mercredi 20 octobre 2007 au Café Restaurant Pépita à Paris suite à une réunion de la Fondation Concorde — proche de la droite, ces propos d’Éric Woerth rapportés par “Charly Hebdo” :
« Le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours : expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure. C’est ce que fait très bien Michel Camdessus, mais sans paniquer les gens ; car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues ».
En clair ! Manipuler l’opinion pour faire admettre des réformes inacceptables

Idem, fin 2007 c’est le premier ministre Fillon, qui occupe toutes les télés à une heure de grande écoute, pour déclarer avec une tête d’employé des pompes funèbres : « la France est au bord de la faillite », en faisant allusion à une crise majeure ! Son but, distiller la peur pour justifier d’autres régressions sociales (retraite, santé, services publics, etc.), comme le préconisent les directives du FMI, de L’OCDE… Manque de chance pour M. Fillon ! Cette campagne de désinformation tombait bien mal ! Au même moment, la revue “Alternatives Economiques n°265 de janvier 2008”, nous informait qu’avec une dette de 64.2 % du (PIB), la France faisait mieux que l’Allemagne : 67.9 %. Mieux que l’Italie : 107 %. Mieux que le Japon à 159 %…
C’était clair ! La France était loin d’être le vilain petit canard, présenté par M. Fillon et les médias du président !
Mais aujourd’hui Filon revient ! Après avoir offert 63 milliards au moins chaque année aux amis du MEDEF (subventions plus réductions de cotisations sociales patronales) selon le rapport de la Cour des comptes publié dans “Le Figaro” du 24 janvier 2007 qui doute de l’efficacité de telles dépenses. Rajouté à cela, les 70 milliards de niches fiscales et autre paquet fiscal, et autres mesures en faveur des plus riches… Fillon et Sarkozy peuvent maintenant se réjouir ! Grâce à leur politique fiscale ubuesque, ils l’ont enfin leur crise majeure !
Il est évident que cette crise « dont ils avaient besoin » (pour reprendre les propos de David Rockefeller) est l’occasion rêvée !
La classe dirigeante pourra ainsi justifier et imposer tous les dogmes du libéralisme : la réduction massive des impôts pour les nantis. Privatisations, suppressions d’emplois à l’école, à l’hôpital, dans la police de proximité, la baisse des salaires des fonctionnaires, ce qui ne manquera pas d’avoir un effet négatif sur les salaires des travailleurs du privé… Ainsi les oligarques, ces féodaux new-look, pourront arrondir leurs profits. De plus, c’est l’opportunité pour eux de faire main basse sur les milliards de nos protections sociales (santé, retraites) par groupes d’assurances et banques interposées. Mais aussi de s’emparer de ce qui reste de nos entreprises nationales, qui donnaient à l’état le pouvoir d’orienter la politique économique… États qui aujourd’hui, grâce à des politiciens serviles, subissent la dictature des officines de notation, qui se substituent à la souveraineté du peuple.

(à suivre)

Didier Le Strat


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