Di sak na pou di

Dire non à l’excision

Témoignages.re / 6 août 2012

Depuis quelques mois on parle beaucoup de la circoncision mais qu’en est-il de l’excision ?

L’excision génitale féminine qui est l’ablation partielle ou totale des organes féminins externes pour des raisons d’ordre traditionnel, culturel et religieux non médicales fait entre 100 et 140 millions de victimes par an dont environ 3 millions de fillettes.

Cette pratique est plus courante en Indonésie, en Afrique Subsaharienne, en Egypte, en Inde, au Sri Lanka, dans des pays du Moyen-Orient et au Soudan. L’excision est vraiment une atteinte à l’intégrité physique et morale d’un être humain dès lors qu’une partie du corps d’une personne est mutilée de façon brutale avec des couteaux, des ciseaux, des rasoirs et autres instruments sans son consentement.

Quid du respect du corps ?

Ainsi, l’excision viole les conventions internationales de défense des droits de la femme et des enfants.

Les défenseurs de cette pratique invoquent toutes sortes raisons. Ils disent que : « l’excision pour les filles est une mesure d’hygiène et qu’elle permet à la femme de rester fidèle à son mari, pour éviter que les femmes ne deviennent homosexuelles, c’est une façon de favoriser la pénétration par les hommes du corps de la femme, c’est pour préserver la virginité de la femme, etc... ».

L’excision des filles est une pratique atroce, barbare et horrible car elle mutile tout ou une partie de leur sexe. L’excision laisse des traces physiques et psychologiques. Il est prouvé d’un point de vue médical que les femmes ayant subi cette mutilation souffrent toute leur vie de douleurs chroniques, d’infections internes, de stérilité, de septicémie, de rétention urinaire, l’évacuation de l’urine et du flux menstruel se font difficilement, les rapports sexuels sont très douloureux pour l’homme comme pour la femme, elles ont des abcès à la vulve, le syndrome inflammatoire pelvien et il y a d’autres complications telles que des infections, des hémorragies lors des accouchements qui peuvent provoquer le décès de la mère et de l’enfant.

Et les effets psychologiques sont à vie : angoisse de mort, cauchemars, anxiété, dépression, craintes d’avoir des relations sexuelles, colère, perte de confiance en soi, et perte de confiance et rancœur vis-à-vis de la mère avec sentiment d’avoir été trompée et trahie.

L’excision est hélas, perpétuée par les femmes qui mutilent leur propre fille. Pour défendre cette pratique elles vont évoquer la tradition et la religion. Les hommes ne disent rien contre pratique, ils se cachent derrière leurs femmes pour défendre celle-ci. Ils approuvent l’excision et ils pensent que l’excision privilégiant le mode de jouissance vaginale, de cette façon ils sont assurés de perpétuer l’espèce humaine.. Ils disent : « qu’ils n’ont rien à voir là-dedans car ce sont les femmes qui font ça » ! Une façon très lâche de ne pas se rendre coupable et responsable de la perpétuation de cette pratique.

C’est pour cela que l’excision des filles ne pourra jamais être éradiquée. Beaucoup de femmes dans le monde ont la pression de leurs homologues masculins qui les empêchent d’agir autrement. Hélas, nous constatons que cette pratique est encore une autre manière de garder les filles et les femmes en esclavage.

Fort heureusement, dans des pays des femmes ont pris conscience des conséquences néfastes de l’excision et ont créée des associations pour lutter contre pratique. Enfin, seules les femmes peuvent prendre une telle décision pour se protéger et se faire respecter et pour protéger leurs propres enfants.

Femmes du monde entier donnez vous la main pour dire non à l’excision. Ce sera encore un pas de plus qui sera fait vers votre propre liberté et de celle de vos filles.

Jean Ferrat a chanté : « La femme c’est l’avenir de l’homme » . A cela je rajoute : « vous êtes aussi et avant tout l’avenir de l’humanité qui englobe les hommes, les femmes et les enfants ». C’est ce qu’ont oublié beaucoup d’hommes de notre planète.

Gabrielle Marie

Saint-Denis - La Réunion


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