Di sak na pou di

« Du sempiternel débat sur l’affectation des enseignants »

Témoignages.re / 14 septembre 2009

De manière récurrente, au moment de la “transhumance” des bataillons d’enseignants, se posent les mêmes questions avec, d’une part, ceux qui n’ont eu que le choix d’être français accusant ceux qui ne l’étaient pas tout à fait d’avoir fait le choix de le devenir, de ne pas vouloir appliquer les règles de la République et, d’autre part, les seconds accusant les premiers de « colonisateurs ».
Ce débat n’apporte rien à mes yeux sauf à fustiger celui destructeur du “zoreil : créole”.
Ne s’agit-il pas en réalité d’une pratique purement administrative transformée injustement en débat politique ?
Certes le problème des affectations des jeunes sortis du cursus de formation se pose de la même manière en Métropole qu’à La Réunion, mais est-ce suffisant pour justifier la pérennisation d’un système à la fois coûteux, inégalitaire et injuste lorsqu’il ne s’agit pas de retours au pays, inefficace et parfois inhumain ?

- Coûteux parce que le changement de résidence de nombreux fonctionnaires de métropole, d’une manière générale, a un coût exorbitant et l’inverse ne l’est pas moins.

- Inégalitaire parce qu’il n’est pas sérieux de comparer une mobilité infra hexagone à celle rarement choisie d’un jeune Réunionnais vers la métropole.

- Injuste parce que la priorité donnée à l’ancienneté (critère par ailleurs discutable dans bien d’autres domaines) conjuguée à l’attractivité de l’île à divers titres limite de fait les chances d’un retour au pays avant de trop nombreuses années.

- Inefficace parce qu’il est admis que l’utilisation du créole comme levier pour l’apprentissage est un atout pour faire reculer l’échec scolaire record de notre jeunesse et, à l’inverse, un jeune lancé sans expérience dans la vie active, loin des siens, confronté à des cultures et climats différents, est-il performant ?

- Inhumain jusqu’à "l’ubuesque" parce que contraignant parfois un(e) jeune à exercer à des lieues de sa résidence, où travaille son (sa) conjoint(e).

Et si l’on changeait le système ?

- En donnant une priorité aux fonctionnaires originaires d’une région (y compris pour la métropole, le Breton ayant lui aussi envie de rentrer chez les siens !)

- Ou en donnant un bonus conséquent aux originaires d’une région.

Et si Monsieur Sarkozy m’entendait ?

Alix Séry


Kanalreunion.com