Di sak na pou di

Écouter pour entendre…

Témoignages.re / 23 février 2013

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« Nous sommes la région européenne qui détient le record du chômage des jeunes ! ».
(photo Toniox)

Ce mois de février 2013 ressemble à s’y méprendre à celui de 2012. Comme l’année dernière, La Réunion connait des troubles sociaux, qui impliquent des jeunes portés au désespoir. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ceux qui accompagnent le mouvement pour toutes sortes de raisons, excepté la recherche d’un emploi. Ni des trop jeunes, présents pour le fun  : ils devraient être au lit ou sur les bancs du collège. Hormis ces deux catégories, nous ne pouvons ignorer la détresse d’un grand nombre de jeunes de 18 à 25 ans qui recherchent un emploi ou une formation, parfois depuis plusieurs années, et ne trouvent rien à part quelques clefs à béquer.

Personne ne peut accepter les barrages de routes, ou des exactions telles que l’incendie de la Mairie annexe de La Rivière des Galets. Personne ne peut accepter ces faits inadmissibles et répréhensibles. Personne ne devrait, comme certains politiques, mettre de l’huile sur le feu à des fins politiques, espérant déstabiliser les communes à l’approche des élections. Personne ne peut admettre l’utilisation cynique du malheur de la jeunesse à des fins électorales. Suivez mon regard...

Ces considérations ne doivent pas nous détourner des causes de ces troubles que tout le monde essaie habituellement de passer sous silence. Je veux parler de ce fléau qu’est le chômage, et surtout du chômage des jeunes qui, dans notre île, atteint un triste record, seulement égalé par quelques États européens en plein effondrement, ou des États meurtris du Sud. Nous sommes la région européenne qui détient le record du chômage des jeunes !

Tout le monde s’accorde à dire que ce fléau est le résultat du modèle capitaliste financier, qui trouve aujourd’hui partout dans le monde ses limites, mais que nos décideurs ne veulent pas ou pensent ne pas pouvoir mettre en cause. Ce système qui fait qu’une minorité de riches profite, tandis qu’une grande majorité trime ou chôme, et vit au jour le jour.
 Alors, que faut-il faire ? Je n’imiterais pas les adeptes de la science infuse, du “yaka” et du “faukon” qui, comme par hasard, ne sont jamais ceux qui ont les mains dans le cambouis. Mais la réflexion s’impose, sur les moyens dont nous disposons déjà.

Parlons, par exemple, des emplois d’avenir : faut-il les refuser au motif que le reste à financer est trop important ? Faut-il en prendre un maximum au risque de déstabiliser les finances des collectivités ? Faut-il engager un rapport de force avec le gouvernement pour avoir un financement plus important ? Ou faut-il encore appeler à la solidarité locale des collectivités (Département et Région) pour obtenir une participation au cofinancent ? 


Chacun aura sa réponse, mais la diversité des opinions tourne à la cacophonie... et pendant ce temps-là, le pays brûle. On peut dire que 5.000 contrats « aidés » ne règleront pas le problème global du chômage des jeunes. Cela ne coûte qu’un peu de salive... et c’est tellement facile à dire, lorsqu’on a soi-même un emploi et un revenu garantis ! Un parallèle peut être aisé et avancé entre, d’une part, toutes ces personnes qui refusent et critiquent ces contrats, en disant du haut de leur perchoir que cela ne règlera rien, mais acceptent la liste dite Lurel de 108 produits en disant que c’est déjà ça.


On ne cesse de parler de « responsabilité des Réunionnais » pour le développement de leur pays, de « mobilisation de toutes les forces vives et politiques », « au service de notre jeunesse » . Pourquoi ne pas commencer par se mobiliser pour utiliser ce que nous avons, cesser de jouer avec les nerfs de notre société au bord de l’explosion, et réussir la mise en place de ce dispositif d’ « emploi d’avenir »  ? Comment emmener nos jeunes vers des solutions pérennes, si nous n’avons pas réussi à nous entendre, pour accomplir le premier pas ? C’est-à-dire, installer sans tarder ce dispositif « emploi d’avenir » ...


Fabrice Hoarau


Kanalreunion.com