Di sak na pou di

Élus du peuple ou larbins des rentiers ?

Témoignages.re / 25 octobre 2010

Dans son rapport de janvier 2010, le COR (1) précise que le déficit de la caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) devrait atteindre 10.7 milliards d’euros pour le régime général.
Or, il faut préciser que dans cette dégradation, l’augmentation du nombre de retraités n’intervient que pour 1 à 1.5 milliard d’euros ; alors que la crise dont la responsabilité incombe aux seuls financiers intervient pour environ 9 milliards…
Dans ce contexte, jeudi 21 octobre, sur la chaîne parlementaire, le débat de nos sénateurs était très instructif ! Surtout pour notre bulletin de vote aux cantonales et en 2012.
Les sénateurs : socialistes, communistes, et verts proposaient une série d’amendements pour instaurer une CSG (cotisation sociale généralisée) sur les revenus du capital : stock option, parachutes dorés, intéressement, dividendes et autres produits de la rente…
Cette application de la CSG aux revenus du capital, au même niveau que les revenus du travail et d’activité, aurait rapporté selon la cour des comptes, 9 à 11,3 milliards suivant les années… cette somme aurait dû alimenter les caisses de retraite.
Alors que les amendements proposés auraient permis de résorber au moins le déficit du régime général… et ce malgré la récession provoquée par les milieux financiers ; les sénateurs UMP et centristes s’obstinaient dans la provocation ! Pour eux, les salariés devaient payer la totalité de l’addition ! Leur attitude a été détestable tout au long du débat, avec le mépris qui les caractérise : ils n’écoutaient même pas les propositions des orateurs ; parlaient entre eux ; votaient comme des automates contre tous ces amendements qui proposaient aux revenus du capital de prendre leur part, même minime, au financement des retraites. Puis s’en suivit leur coup de force…
C’est clair ! L’objectif des sénateurs UMP et du centre n’est donc pas d’assurer un équilibre financier des caisses de retraite, leurs préoccupations sont ailleurs…
Ils ne se rendaient même pas compte qu’ils apparaissaient non pas comme des élus du peuple, mais comme les larbins des rentiers, des financiers et donc des plus riches… C’est évident ! Depuis l’affaire Woerth-Betancourt, nous connaissons ceux qui apportent les valises de billets au siège de l’UMP, pour financer leur machine à manipuler l’opinion et assurer leur réélection…
Pourtant, même si l’on prend le scénario le plus défavorable. En instaurant une CSG sur les revenus financiers au même niveau que les revenus du travail, il suffirait d’augmenter les cotisations patronales, et salariales de 0.26% par an (1). Cela permettrait de financer les retraites à 60 ans pour tous. En incluant même des mesures pour les travaux pénibles. C’est une solution réaliste et responsable, et personne ne peut croire qu’une augmentation aussi minime des cotisations mettrait en danger l’économie française…

Alors ! Pourquoi refusent-ils cette solution ?

Je vous laisse deviner la réponse ! Un indice : regardez les affiches et les campagnes publicitaires des banques et des compagnies d’assurance… On vous propose des compléments de retraites, des couvertures médicales, pour vous ponctionner des milliers d’euros, qui finiront sur des fonds de pension. Fonds de pension qui risquent de faire « Pschitt » à la prochaine crise financière ! Autre indice : selon “Médiapart”, le frère du président vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée. Il prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics. Il fallait bien que la casse des services publics et le minage des protections sociales profitent à quelques-uns !

Didier Le Strat

1 - “Retraite l’heure de vérité”, p. 12 -14 : ATTAC Fondation Copernic ed Sylepse .


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