Di sak na pou di

Emploi outre-mer : où sont les mesures concrètes ?

Témoignages.re / 21 janvier 2010

« M. le président de la République, le 6 novembre 2009 lors du Comité interministériel pour l’Outre-mer (CIOM), vous avez présenté 136 mesures en faveur des Départements d’Outre-mer (DOM). Parmi celles-ci, il y en a une, plus emblématique, qui a retenu toute notre attention :

Fiche V- 3 : Permettre l’émergence d’une fonction publique plus représentative du bassin de vie qu’elle administre

L’objectif est de favoriser, dans le respect des principes républicains, les affectations des ultramarins dans leur département et les promotions sur place, en assouplissant certaines dispositions statutaires. Par ailleurs, des mesures sont prises pour favoriser l’émergence de cadres ultramarins dans les services de l’État, par une politique de repérage des profils et de constitution de viviers. Pour les nominations des chefs de service de l’État, le contre seing du ministre en charge de l’Outre-mer sera désormais obligatoire.

Le Parti socialiste réunionnais (PSR) avait pris acte également des propos de la secrétaire d’État à l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, qui lors de la restitution nationale des États généraux, avait affirmé le devoir de l’État quant au reflet de « la diversité des hommes et des femmes de l’Outre-mer, à tous les niveaux de la hiérarchie » et la nécessité de « permettre aux personnes originaires des départements et collectivités de faire carrière Outre-mer de façon plus fréquente, y compris, naturellement, dans les emplois d’encadrement supérieur ».

Enfin, l’État rejoint cette position développée par le PSR depuis 2003 : «  Donn’ créoles responsabilités et métissons les sphères de décisions  », position que nous avons ardemment défendue lors des États généraux. Car, en effet, la problématique de la participation de plus en plus de Réunionnais à tous les niveaux de la hiérarchie des services de l’État, comme celle du recrutement de nos jeunes formés et diplômés sont des éléments participant fortement à la cohésion sociale de notre département.

Votre proposition montre votre accord et celui de votre gouvernement sur le constat de la situation actuelle et votre volonté d’y remédier. Mais, à ce jour, il n’existe aucun dispositif concret, aucun calendrier d’application. Au-delà de l’effet d’annonce, combien de nominations de chefs de services de l’État, de directeurs ont été réalisées ?

L’attente est grande d’intégrer les cadres réunionnais dans les sphères de décisions : notamment dans les administrations, les grandes entreprises... et ce, pour l’équilibre de notre société. Alors oui, il est temps, Mr le président, de passer des paroles aux actes… ».

Éric Delorme,
Secrétaire général du PSR


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