Di sak na pou di

Emplois supprimés : l’art de travestir la réalité

Témoignages.re / 22 août 2011

Rentrée intermédiaire oblige, le recteur a commencé à faire son show avec les mêmes propos lénifiants, la même méthode Coué qui s’articule autour du « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

La communication est rodée, elle se veut imparable « moins d’élèves, moins de profs ». Raisonnement simple et suffisamment marqué sous le sceau du bon sens pour être compris par tous et expliqué en boucle dans les médias.

Voilà pour la version officielle. Mais dans la réalité, le ministère procède à de multiples manœuvres pour créer artificiellement le « surnombre » et ainsi justifier la suppression de postes de profs.
Ainsi « tous les ans, en février, la direction de chaque établissement scolaire communique ce qu’on appelle la "DHG", dotation horaire globale. Le nombre d’heures d’enseignement est établi en fonction des effectifs d’élèves mais aussi des logiques budgétaires du ministère".
Depuis quelques années, le ministère procède à des manipulations chiffrées pour supprimer des postes dans les établissements. Le procédé est le suivant : en février, le rectorat établit une fourchette basse des besoins de chaque établissement. C’est à cette époque qu’est donc connu le nombre de classes par niveau. En fonction de l’ampleur des suppressions de classe, des postes de professeurs sont supprimés. Ces derniers doivent alors faire leur demande de mutation dans un autre établissement. Seulement, en juin, lorsque les estimations des effectifs de l’année suivante s’affinent, la DHG de février s’avère insuffisante. Il est trop tard pour annuler la suppression des postes, le processus des mutations étant quasiment terminé. Des heures supplémentaires sont donc créées ».
Appel aux heures supplémentaires, aux contractuels et même à des enseignants retraités dans certaines académies, tout est bon et tous les artifices sont employés pour tenter de masquer le manque d’enseignants et autres personnels (administratifs, etc.)
La réalité, c’est que les suppressions de postes obéissent à la seule logique budgétaire et comptable et à la fameuse règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite.
Mais mille fois répété, un mensonge n’en devient pas une vérité.

Le recteur a beau tenter d’édulcorer la réalité, la communauté éducative, confrontée aux problèmes du quotidien n’est pas dupe !

Ras-le-bol des suppressions massives de postes dans notre académie : -162 emplois statutaires.

Alors que le budget 2011 prévoit une réduction des moyens, notre recteur ( à l’instar de ces collègues) bénéficiera quant à lui d’une importante prime au mérite pouvant aller jusqu’a 22.000 euros annuels .Le prix de la rationalisation et du rabotage des effectifs.

C’est cela aussi… l’excellence made in gouvernement : moins de personnels avec à la clé plus de primes (financées par les suppressions de postes) pour les recteurs les plus zélés.

De grâce, qu’on cesse avec les propos bonimenteurs en cette rentrée intermédiaire
« tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? ». Loin s’en faut, monsieur le recteur !!!!

La CGTR Éduc’action


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