Di sak na pou di

Emplois verts : le gros mensonge !

Témoignages.re / 11 mars 2011

« 2.500 emplois verts financés depuis 2010 » annonce fièrement la Région Réunion, l’opération est estimée à 8,4 millions d’euros. Le but affiché : « remettre le pied à l’étrier après bien souvent, plusieurs mois d’inactivité ». La pseudo nouveauté résiderait dans le fait que la « Région Réunion associe un volet formation aux bénéficiaires d’emploi vert. Il a pour but une insertion plus durable sur le marché du travail ».

• Première question : combien y avait-il d’emplois verts avant l’arrivée de l’équipe Robert ? Il n’a pas créé, en quelques mois, ces 2.500 emplois, c’est certain. Il ne peut donc se prévaloir de la totalité de ces 2.500 emplois. Combien en a-t-il vraiment créé ? D’autant plus que dans ces 2.500 emplois, il y a 500 CAE du Plan Ravine.


• Deuxième question : l’objectif de Didier Robert serait de créer 10.000 emplois verts sur 4 ans pour « répondre à l’émergence d’une nouvelle éducation à l’environnement et à une économie résolument tournée vers le développement durable, pourvoyeur de métiers et de vocations ». En quoi les emplois verts répondent-ils à cette « nouvelle éducation à l’environnement » ? L’éducation à l’environnement, ce sont les opérations de sensibilisation menées (depuis fort longtemps) par bon nombre d’associations et de structures. Une économie « résolument tournée vers le développement durable », dit la Région. Ce qui limite le développement durable à la préservation des espaces verts et à leur aménagement. Extrêmement restrictif, comme analyse. Que le développement durable soit « pourvoyeur de métiers », cela peut se comprendre, mais le terme de « vocation » ? Uniquement pour faire bien.
• Troisième question : ces chantiers emplois verts seront choisis en fonction de leurs « intérêts patrimoniaux et touristiques ». Sur quels critères ? Aucune réponse de la part de la Région. Sauf peut-être dans les exemples qu’elle met en avant : les jardins du musée Stella Matutina et l’aire de repos Stella. L’aire de repos de Stella comme patrimoine touristique ! Et quel tourisme ? Le tourisme réunionnais, comme au Tévelave, où chaque week-end, des centaines de personnes investissaient les lieux aménagés par les emplois verts ? Le tourisme extérieur, si cher à Didier Robert ?
• Quatrième question : selon l’équipe Robert, il s’agit « d’inscrire un public en difficulté d’insertion dans un dispositif jalonné d’une palette d’actions permettant d’envisager des parcours conduisant à l’insertion professionnelle ». Quelles palettes ? C’est un jeu de pistes, tout simplement, on « envisage des parcours », la Région ne les dessine pas. Aucune certitude. Du bluff. Insertion professionnelle ? Avec quel(s) employeur(s) ? Les collectivités ? Les associations ? Le privé ? 1 GIP ? Aucune réponse, encore du bidon.
• Remarques : il est fait état, dans le communiqué de la région de « la croissance verte ». En voilà la définition donnée par le ministère de l’Écologie : « La croissance verte est un mode de développement économique respectueux de l’environnement. Elle concerne les éco-activités (assainissement de l’eau, recyclage et valorisation énergétique des déchets, dépollution des sites, énergies renouvelables) mais aussi les secteurs traditionnels (transport, agriculture et bâtiment) ». Ce n’est pas « l’embellissement des sites touristiques » dont parle Didier Robert. En clair, beaucoup de bruit pour rien. Et surtout, une extraordinaire manipulation de l’opinion.

Kora-Ly Payet


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