Di sak na pou di

Energie : Question d’actualité

Témoignages.re / 18 novembre 2013

A l’heure des grandes mutations prévisibles dans le secteur sensible des énergies produites et consommées dans notre département insulaire, il ne paraît pas inutile de rappeler la question posée par notre association aux autorités locales et nationales dès 2011, et un début de réponse donné à l’époque par EDF-Réunion :

Question :

« Se débrouiller tout seul sans charbon, sans pétrole serait donc un rêve irréalisable. Nous sommes trop gourmands en énergie. Alors, les seules solutions proposées pour satisfaire notre soif de confort, de clim, de lumière et du reste seraient de continuer, au prix fort, à brûler dans nos centrales du charbon et du pétrole. Il n’y a pas que la quantité colossale d’énergie consommée qui pose problème, il y a aussi ce jeu de yo-yo époustouflant dû à l’intermittence solaire qui n’est pas en phase avec l’intermittence de consommation. Comme par hasard, le soleil s’éteint quand nous allumons la lumière ! Je suis tout de même très surpris que nos ingénieurs n’aient pas trouvé d’autres solutions que de limiter à 30% l’énergie solaire dans une île si ensoleillée. Nous pourrions probablement fonctionner à 100% à l’énergie solaire ou éolienne. Il suffirait de multiplier par 3 ou 4 le parc actuel éolien ou photovoltaïque. Il existe de nombreuses techniques de stockage de l’énergie lors des pics de production : remonter l’eau des barrages, utiliser des batteries nouvelle génération (sodium/soufre, cadmium/nickel, lithium/ion, etc.) ou les piles à combustible (hydrogène) et j’en passe. On nous parle de coûts et de rendements qui limiteraient ces solutions de stockage, mais a-t-on fait un calcul global à l’échelle de l’économie de l’île ? Cela m’étonnerait beaucoup qu’avec l’apport gratuit de l’énergie solaire, on n’arrive pas à amortir ces installations de stockage.

Réponse d’EDF-Réunion :

« Il semble nécessaire de mettre la maîtrise de l’énergie à l’honneur dès que l’on parle d’autonomie ou d’autosuffisance énergétique : elle sera d’autant plus rapidement atteinte que nous consommerons mieux l’énergie. Des solutions existent dans ce domaine, sans réduction de notre confort. Quant aux options que vous présentez, elles posent la question de la régulation et de la gouvernance de l’avenir énergétique de l’île, sujet d’actualité à l’heure du démarrage de l’élaboration des SRCAE (Schémas Régionaux Climat Air Energie) sous l’égide de la Préfecture et de la Région. C’est bien d’une démarche globale de cette nature dont nous avons besoin, car les impacts sont multiples : environnementaux, financiers, techniques. Je préciserais juste pour finir que La Réunion est déjà le territoire du monde ou l’énergie photovoltaïque est la plus présente. Nous avons atteint plus de 20% par moment. Des expérimentations sont nécessaires pour valider/baliser la suite du chemin : elles sont en cours (travaux sur la prévisibilité et la garantie des énergies renouvelables). »

François Maugis – Président de l’association Energie Environnement

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