Di sak na pou di

Entreprendre dans les DOM ? De la pure folie !

Témoignages.re / 29 septembre 2010

Je me demande bien comment il peut encore exister des entrepreneurs dans les DOM. Entreprendre, c’est prendre des risques en investissant dans des activités qui vont générer de la valeur ajoutée. Une valeur ajoutée qui va permettre de créer des emplois et de payer des impôts à l’État et aux collectivités locales qui en ont bien besoin. Le plus gros problème de ces "fous" est constitué par les incertitudes sur leur environnement au sens large. Environnement de l’emploi : les règles d’embauche, de licenciement, de temps de travail, d’âge de la retraite, de formation, de charges sociales ne cessent de varier de façon impromptue. Environnement des contraintes sur l’hygiène, la sécurité, l’écologie… avec des règlements et des directives qui tombent comme les obus à Gravelotte. Environnement fiscal dont on parle beaucoup actuellement et qui modifie de façon incompréhensible les incitations à investir. Bref, de quoi décourager tout individu normalement constitué.
Et pourtant, ils existent ces "fous" et ils essaient de vivre et de survivre dans ce carrousel ahurissant de changements de "sens du vent" ! L’État a besoin de faire plus de recettes et moins de dépenses : ça, tout le monde l’admet. Mais la méthode qui consiste à donner un "coup de rabot" général sur des mesures qui ont été prises au coup par coup pendant des décennies est d’une simplicité absurde qui frise la bêtise et l’incompétence. Raboter la réglementation sur les investissements dans les DOM, c’est tout bêtement scier la branche sur laquelle on est assis ! Moins d’investissements, donc moins d’emplois, moins de valeur ajoutée, moins d’impôts versés et plus de chômeurs, plus de érémistes, plus d’aides à verser. Moins de recettes et plus de dépenses. Bravo les intellectuels inspirés de Bercy et de l’Élysée qui, eux, vivent grassement des prélèvements "sur la bête" ! Et notre pauvre préfet en est réduit à demander aux entrepreneurs de se tourner vers le marché asiatique : mieux vaut en rire !
Contrairement à la propagande officielle, les fameuses "niches fiscales" ne sont pas seulement un moyen de payer moins d’impôts. En réalité, chaque niche fiscale permet au citoyen d’avoir une petite influence sur les choix budgétaires de la Nation. Par exemple, lorsque vous décidez d’embaucher une personne à domicile pour vous aider, vous bénéficiez d’une "niche fiscale" qui diminue votre cotisation d’impôt. Vous devenez entrepreneur, vous créez un emploi et surtout vous donnez moins pour financer les cocktails à l’Élysée, à la Préfecture ou les sous-marins nucléaires de l’île Longue. Cette "niche fiscale" vous permet d’exister un peu comme citoyen en vous permettant de faire quelques choix pour l’utilisation de votre contribution.
Pour les investissements dans les DOM, certains contribuables pouvaient décider de contribuer massivement au développement de ces RUP (Régions ultra-périphériques), certes en diminuant leur impôt, mais surtout en permettant de créer de la valeur ajoutée et des emplois. Mais moins de disponibilités pour les cocktails et autres gaspillages (consultez la Cour des Comptes !), on ne pouvait que s’en réjouir ! Telle n’est pas le raisonnement infantile de nos gouvernants. Les gaspillages sont plus importants que les investissements. Le but poursuivi ? Mystère. Peut-être pour que La Réunion figure au livre Guinness des records pour son taux de chômage ? Allez, un bon coup de rabot et nous y serons.

Charles Durand
Le Brûlé - Saint-Denis (La Réunion)


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