Di sak na pou di

Et le droit à la reconnaissance de la différence en France ?

Témoignages.re / 17 mars 2012

On parle en ce moment de supprimer la mention de « race » dans la Constitution. Que dit le texte actuel dans son article 1 ? « La France est une République indivisible, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elles respectent toutes les croyances. Son organisation est décentralisée (décret n°2008 – 1275 du 5 décembre 2008) ». Le préambule à cette Constitution précise « qu’en vertu de la libre détermination des peuples, la République offre aux territoires d’Outre-mer qui manifestent la volonté d’y adhérer des institutions nouvelles fondées sur l’idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité, et conçues en vue de leur évolution démocratique ». C’est donc une porte grande ouverte aux peuples qui désireraient devenir Français à part entière et ne le peuvent pas, soit parce que leur statut actuel ne l’autorise pas, soit parce qu’ils sont encore autonomes… Mais ce n’est pas du tout ce que prévoyait au départ la Constitution du général De Gaulle qui disait ceci : « La République et les peuples des territoires d’Outre-mer qui par un acte de libre détermination adoptent la présente Constitution, instituent une communauté. La communauté est fondée sur l’égalité et la solidarité des peuples qui la composent ». Le président De Gaulle reconnaissait donc l’existence des peuples d’Outre-mer français puisqu’il instituait une communauté, ce que ne reconnait plus la loi constitutionnelle actuelle.

Après avoir supprimé la reconnaissance de peuples différents en France, on voudrait donc supprimer la reconnaissance des différentes races. C’est le droit à la différence qu’on escamote ainsi, puisque nul Français, pas même un Domien, ne peut se dire autre, pas même par sa couleur de peau, encore moins par son ethnie d’origine. Finie donc la reconnaissance des valeurs culturelles de la négritude d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor, tout comme celle des valeurs culturelles du celtisme de Morvan Lebesque et de Pierre Jaquez Hélias. Pour plus de justice et de liberté dans un pays démocratique, ne vaut-il pas mieux valoriser les différences plutôt que les gommer ? Et si c’est le mot « races » qui gêne à cause des préjugés qui y sont liés historiquement, remplaçons-le par « civilisations », à condition évidemment de considérer qu’aucune n’est supérieure aux autres !

D.A


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