Di sak na pou di

Et si l’on parlait du non-cumul des mandats ?

Témoignages.re / 16 juillet 2012

Les 10 et 17 juin, nos concitoyens réunionnais ont voté. Démocratiquement, librement, ils ont choisi, pour les représenter à l’Assemblée nationale et porter la voix de La Réunion, les femmes et les hommes suivants :

• 1ère circonscription : Ericka Bareigts (Parti socialiste)

• 2ème circonscription : Huguette Bello (Mouvement pour La Réunion)

• 3ème circonscription : Jean-Jacques Vlody (Parti socialiste)

• 4ème circonscription : Patrick Lebreton (Parti socialiste)

• 5ème circonscription : Jean-Claude Fruteau (Parti socialiste)

• 6ème circonscription : Monique Orphé (Parti socialiste)

• 7ème circonscription : Thierry Robert (MODEM)

Cette liste appelle un premier commentaire : les Réunionnais peuvent éprouver une certaine fierté en réussissant, d’une certaine manière, la parité. Trois femmes et 4 hommes, c’est un résultat dont nous pouvons nous féliciter. Et, en ce domaine, nous donnons l’exemple à tant d’autres régions où le machisme politique continue à sévir.
Deuxième remarque : La Réunion contribue au renouvellement tant désiré de la classe politique. Quatre élus sur 7 vont faire leurs débuts en tant que députés.
Ce double satisfecit ne doit pas nous faire oublier les promesses dont nos femmes et hommes politiques nous ont abreuvés pendant toute la campagne électorale. Nous souhaitons n’en retenir qu’une, celle concernant le non-cumul des mandats.
Dès le 17 juin au soir, Mmes Bareigts et Orphé annonçaient qu’elles renonçaient à leurs mandats de 1ère et de 2ème adjointes du maire de Saint-Denis. Saluons ce respect de l’engagement pris.

Mais qu’en est-il de nos autres députés ? Mme Bello, députée-maire de Saint-Paul ? M. Fruteau, député-maire de Saint-Benoit ? M. Robert, député-maire de Saint-Leu et conseiller général ? M. Lebreton, député-maire de Saint-Joseph, M. Jean-Jacques Vlody, député et vice-président du Conseil général ?
En posant la question, nous, à ResPublica974, n’entendons pas entrer dans une logique de dénonciation ou de désignation d’un quelconque bouc-émissaire. Nous entendons nous situer dans le cadre d’un débat serein et républicain.

Les quatre députés concernés ont tous voté, mardi 3 juillet, la confiance au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Donc ils soutiennent ce gouvernement qui est chargé de mettre en application les 60 engagements du candidat, puis Président Hollande.

Rafraichissons donc les mémoires.

1. « L’engagement que je prends, c’est qu’au lendemain de notre victoire de 2012, je ferai voter une loi prohibant le cumul des mandats et cette loi sera d’application en 2014 ». (François Hollande, septembre 2011)

2. « Mettre fin au cumul des mandats et des rémunérations
Dans un contexte de méfiance, voire de défiance à l’égard de la politique, la disponibilité des parlementaires est une priorité. La modernisation de la vie politique ne peut faire l’économie de l’interdiction du cumul d’un mandat exécutif local avec un mandat parlementaire. Elle est vitale à l’activité du Parlement, auxquels les députés et les sénateurs pourront alors se consacrer pleinement. C’est aussi une avancée nécessaire pour la rénovation de la vie démocratique et le renouvellement des responsables politiques. Si les indemnités perçues dans le cadre des missions confiées par les électeurs sont évidemment légitimes et nécessaires à l’indépendance des élus, le cumul des indemnités pour les élus locaux doit être limité : les rémunérations annexes, comme par exemple celles qui sont octroyées dans les syndicats intercommunaux, seront intégrées dans le calcul de l’écrêtement. C’est par une exigence de probité et d’exemplarité, le respect d’une élémentaire morale publique, que nous pourrons rendre notre démocratie plus forte ».
(Projet socialiste 2012)

3. « La moralisation de la vie publique, le changement des pratiques du monde politique représentent une attente des citoyens dont vous ne pouvez ignorer la gravité. L’interdiction du cumul des mandats pour les députés, la diminution du nombre des parlementaires, le renforcement de la parité hommes-femmes, le changement de loi électorale pour assurer la représentation des grands courants d’opinion, en tout cas de ceux qui atteignent 5% des suffrages, à l’Assemblée nationale, au sens le plus large, la garantie du pluralisme, la consécration de l’indépendance de la justice, le renforcement de l’indépendance des médias, l’assainissement du financement de la vie politique, la lutte contre la corruption et la prise illégale d’intérêts, tout cela est urgent ». (Lettre de François Bayrou aux candidats du 2ème tour, site internet de M. Robert)

Nous souhaitons aujourd’hui que nos élus, hors de toute langue de bois que les citoyens ne supportent plus, disent clairement ce qu’ils feront dès que la loi sera votée.

Parce que nous aspirons à une vie politique modernisée et débarrassée des scories du passé (clientélisme, cumul, pantouflage, etc.), parce que nous voulons des élus à l’écoute de leurs électeurs et qui œuvrent dans l’intérêt général, parce que nous pensons que nos élus ont des comptes à nous rendre, à nous les électeurs, parce que nous refusons le slogan simpliste et extrémiste du « tous pourris » et parce que nous croyons que, dans son ensemble, la classe politique française a un sens élevé de sa fonction, parce que nous avons foi en la démocratie et en la République, nous attendons des réponses dénuées de toute ambiguïté.

Nous continuerons donc notre travail de veille républicaine et citoyenne. Et au-delà des attaches partisanes de tel ou tel de nos élus, qui ne nous concernent pas (la République n’est ni de droite, ni de gauche), nous ne manquerons de souligner aussi bien le respect que le non-respect des engagements électoraux. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, déclarait, non sans cynisme, un ex-ministre. Nous voulons en finir avec de telles pratiques et rendre aux citoyens ce qui leur appartient : la res publica.

ResPublica 974


Pétrole : Le Japon et l’Inde refusent l’embargo décrété par l’Occident sur le pétrole iranien

Après le Japon, l’Inde a décidé de réassurer les tankers qui l’approvisionnent en pétrole iranien. Le Ministère des Finances indien demande aux assureurs de maintenir la garantie des pétroliers concernés pour que l’approvisionnement du pays ne subisse pas d’interruptions. L’Iran est le second fournisseur pétrolier de l’Inde derrière l’Arabie saoudite, et devrait continuer à lui fournir 310.000 barils par jour dans les prochains mois.
L’United India Insurance Co., une société publique, jouera le rôle de réassureur. Elle couvrira les tankers indiens opérant dans les eaux iraniennes à hauteur de 50 millions de dollars pour les risques (P&I) concernant les personnes et les navires. En effet, les réassureurs mondiaux (SCOR…) sont concentrés en Europe, et respectent depuis le 1er juillet l’embargo décrété par l’UE leur interdisant d’assurer les tankers d’hydrocarbures venant d’Iran, ce qui pose un problème aux compagnies maritimes asiatiques. Les supertankers nécessitent des garanties allant jusqu’à 1 milliard de dollars.
Le mois dernier, le gouvernement de Tokyo avait aussi décidé de garantir les tankers japonais se chargeant en brut iranien. Les sociétés d’assurance maritime locales ont suivi, et couvrent les navires jusqu’à 500 millions de dollars. Ce montant permet de garantir deux supertankers japonais évoluant simultanément dans les eaux du golfe persique. Chaque navire livre 200.000 barils.
Le Japon est le 3ème importateur mondial de brut iranien. Le pays devrait recommencer à se fournir en Iran le mois prochain, après une suspension de ses approvisionnements en juillet. Sur les cinq premiers mois de l’année, le Japon consommait en moyenne 246.000 barils iraniens par jour, d’après les estimations du Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI).


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