Di sak na pou di

Ezadeen, filière bétail

Courrier des lecteurs de Témoignages / 5 janvier 2015

Le pire est arrivé. Les trafiquants ont utilisé une bétaillère pour transporter hommes, femmes et enfants. L’Ezadeen était attendu dans le port de Sète, premier port européen exportateur de bétail vivant. Sète a failli être importateur d’hommes survivants. Comme le Blue Sky M et l’East Sea, l’Ezadeen est une vieille barcasse, il a 49 ans et 204 déficiences ont été relevées par les inspecteurs maritimes entre 2007 et 2014 en Méditerranée et en Mer Noire. Le cargo initialement dédié au transport de marchandises générales a été converti en bétaillère en 2010. Sa feuille de route indique qu’il est un habitué du port de Beyrouth et du port syrien de Tartous.

L’industrie européenne du bétail ne doit plus utiliser comme moyen de transport en Méditerranée et dans l’Atlantique des navires sous-normes battant des pavillons maudits comme la Moldavie, la Sierra Leone, et Tonga et appartenant à des armateurs libanais. Robin des Bois redoutait depuis longtemps que ce mode de transport soit détourné pour le trafic de réfugiés. C’est fait.

Ezadeen (ex-Joudi-S, ex-Al Haj Ossman, ex-Osman, ex-Antares, ex-Danesea, ex-Antares 1, ex-Tantzen). OMI 6614279. Longueur 73,6 m. Pavillon Sierra Leone. Société de classification International Register of Shipping. Construit en 1966 à Bardenfleth (Allemagne) par Schurenstedt. Propriétaire Uni-Marine Management Co (Liban). Détenu en 2002 à Novorossiysk (Russie), en 2004 à 2 reprises à Constanza (Roumanie), en 2008 à Iskenderun (Turquie) et en 2009 à Patras (Grèce).

Robin des Bois


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