Di sak na pou di

Face à la contestation, les régimes autocratiques

Témoignages.re / 3 mars 2011

Nous vivons dans un monde de turbulence. Les pauvres sont toujours pauvres. Les riches continuent à s’enrichir.
Cela ressemble à un jeu de dominos : lorsque le premier tombe, il entraîne tous les autres dans sa chute. Après la chute du dictateur tunisien, il y a eu celui de l’Égypte. Celui du Yémen a failli y passer. Les jours de celui de la Lybie semblent comptés. Les dirigeants de l’Algérie, de l’Arabie Saoudite, du Soudan, de la Jordanie, de la Syrie, d’Oman, de l’Iran, qu’ils soient dictateurs ou trop loin de leurs peuples, n’ont qu’à bien se tenir…
État des lieux :

Maroc : le roi Mohammed VI, 47 ans, est au pouvoir depuis 12 ans. Le gouvernement a annoncé qu’il allait augmenter les importations de denrées. Le peuple marocain, qui est attaché à son roi, n’a pas l’intention de faire la révolution. Il réclame avec force des réformes en profondeur.

Mauritanie : Mohammed Ould Abdel Aziz, 55 ans, 3 ans au pouvoir. Le gouvernement a décidé de subventionner les produits de première nécessité.

Algérie : Abdelaziz Bouteflika, 73 ans, 12 ans au pouvoir. Il annonce la levée de l’état d’urgence instauré depuis 1992. Les manifestations sont désormais autorisées. Le gouvernement annonce des réformes démocratiques.

Tunisie : Ben Ali était président depuis plus de 25 ans. Dans son palais renfermait une véritable banque : dollars, euros, billets de différents pays, de l’or, des diamants. Toute sa famille en a profité.

Arabie saoudite : isolé au Maroc pour cause de maladie pendant plus d’un mois, Abdallah Ben Abdelaziz al-Saoud, 88 ans, au pouvoir depuis 6 ans, a eu le temps de réfléchir à son retour dans son pays : il a distribué une partie de l’argent du pétrole et prévoit des réformes.

Soudan : Umar Al-Bachir, 67 ans, au pouvoir depuis 18 ans. Les étudiants demandent la partition du pays. Le peuple souffre de la misère, de la pauvreté. Le gouvernement se réveille devant l’état catastrophique.

Jordanie : Le roi Abdallah II, 49 ans, au pouvoir depuis 12 ans. Le peuple demande des réformes après quatre jours de manifestations. Le roi renvoie son premier ministre.

Syrie : Bachaz Al-Asad, 45 ans, au pouvoir depuis 11 ans. Un pouvoir totalitaire qui a censuré tout dans le pays. Le peuple vit dans la peur et la misère.

Oman : Qabus Ibn Saïd, 40 ans de pouvoir. Une petite monarchie. Le peuple dénonce la hausse des prix et la faiblesse des salaires et réclame plus de démocratie.

Yémen : Ali Abballah al-Salib, 68 ans, au pouvoir depuis 32 ans. Le gouvernement annonce un gouverneur d’union nationale. Pendant tout ce temps, il n’avait pas fait grand-chose. Le peuple n’en peut plus et réclame plus de démocratie.

Libye : Muammar Kadhafi, 68 ans, au pouvoir depuis 41 ans. Malgré ses injures, ses discours fleuves, ses mains sont remplies de sang. Il fait régner la terreur et ses mercenaires le maintiennent au pouvoir.
Rama Yade (ancien secrétaire d’État aux Droits de l’homme) a cru à un changement lorsque Kadhafi est venu en France. Beaucoup de pays aussi ont cru à sa bonne foi. Mais nous constatons que c’était de l’hypocrisie. Un homme qui fait tuer son peuple n’est pas un homme, c’est un animal avec un instinct du diable.

Plus de 60 ans auparavant, Gandhi avait eu raison de dire : « Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire la voix de la vérité et de l’amour a toujours triomphé. Il y a dans ce monde des tyrans et des assassins (…), mais à la fin ils tombent toujours ».

Que les rideaux de fer, les rideaux de la honte, de la cruauté terrible tombent, pour un peu plus de paix et de bonheur entre les hommes !

 Marc Kichenapanaïdou 


Kanalreunion.com