Di sak na pou di

Faire baisser les chiffres du chômage, pour la FSU il faut sortir de l’échec d’urgence !

Courrier des lecteurs de Témoignages / 2 novembre 2014

Le Pôle Emploi a, sur ces deux dernières années, embauché des conseillers qui ont été mobilisés exclusivement pour l’accompagnement des chômeurs. Avec un objectif affiché : faire baisser à tout prix les chiffres du chômage.

Pour cela, la direction générale s’est fendue d’un plan stratégique qui a défini entre autre, la mise en œuvre de nouvelles modalités de suivi des demandeurs d’emploi. Dont voici un des principes fondateurs : « faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin » !

Dans la réalité, et après deux années de mise en œuvre, cela n’a apporté aucune amélioration significative.

A La Réunion :

- Le chômage continue d’augmenter, plus 155 000 demandeurs d’emploi inscrits,
- Le nombre des chômeurs de longue durée n’a jamais été aussi élevé : 88 700,
- Le nombre de demandeurs d’emploi sans réel suivi et proposition d’insertion reste important : plus de 50 000 personnes sont concernées,
- L’offre de formation demeure étriquée et difficilement mobilisable pour et par le plus grand nombre,
- Le nombre d’offres d’emploi collectées par Pôle Emploi connaît une nette régression (- 25 % sur un an),
- Le chômage des jeunes et des seniors atteint un seuil record.

Le bilan : encore plus de demandeurs d’emploi dans le besoin pour qui Pôle Emploi ne peut rien faire !

De toute évidence, il n’est pas pertinent de persister à vouloir poursuivre dans cette voie alors que la situation de l’emploi et de l’économie réunionnaise nécessiteraient de toute urgence la mise en œuvre d’un « plan Marshall local pour l’emploi ».

Les moyens accordés par l’État et l’Europe pour répondre à la situation dramatique du chômage à la Réunion paraissent dérisoires. En effet, en situation optimale seul 1/10eme des inscrits à Pôle Emploi aurait accès à un accompagnement renforcé. L’immense majorité des chômeurs à la Réunion, tributaires des minima sociaux et condamnés à la précarité de l’emploi, est laissée sur le bord du chemin.

Les quelques rares dispositifs d’accompagnement renforcé ne sont accessibles qu’à une infime partie des chômeurs, faute de moyens et de personnels. Les jeunes réunionnais, qu’ils soient diplômés ou non, sont dans une impasse avec pour seul horizon les minima sociaux ! Les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont quant à eux condamnés à grossir chaque jour d’avantage les files d’attentes au Pôle Emploi jusqu’à l’âge effectif de leur retraite.

L’évolution démographique de notre île ces 30 prochaines années ne fera qu’accentuer les situations de détresse et de misère sociale que vivent les familles réunionnaises si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Il faut d’urgence sortir des sempiternels saupoudrages : contrats aidés, aides à la mobilité, formations bidon, et donner les moyens appropriés aux acteurs de l’insertion et de la formation pour qu’ils puissent accompagner réellement le plus grand nombre et non plus une minorité.

Pour le SNU FSU Pôle Emploi Réunion
Jerome Payet
Secrétaire Régional


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