Di sak na pou di

Faire la vérité

Courrier des lecteurs de Témoignages / 14 septembre 2016

« Toute vérité n’est pas bonne à dire » On le sait. Mais que dire des « contre-vérités » ? Elles font partie de l’histoire, malheureusement. Non pas de l’histoire tissée par les hommes, mais de ce que certains se permettent de dire ou d’écrire après coup. D’autant plus crédibles, que les « certains » en question sont ou se disent des « doctes ». Pas facile de rétablir la vérité, surtout quand les « mis en cause ne sont plus là ».

Je lisais dans le numéro spécial de « L’Église à la Réunion » (mai, n° 76) : « à un moment donné, les prêtres se sont davantage unis autour de l’évêque, sauf quelques-uns très accrochés à leur prise de parti politique. A cette époque, certains n’hésitaient pas à monter dans les tribunes lors des campagnes électorales ».

Certains, c’est vrai, ils n’étaient pas nombreux, ils étaient trois. Trois à prendre la parole, non pas au nom de l’Église, mais au nom de TCR. Non pas dans les tribunes – laissons les tribunes aux églises –, mais aux meetings unitaires de la campagne présidentielle de 1974. Ils prenaient une parole politique, pas à l’intérieur de leur église, mais dehors, devant le public citoyen. Alors que beaucoup de prêtres ne se gênaient pas, eux, à faire de véritables discours politiques, en guise de sermons, appelant à voter pour « le bon parti », celui de la Droite , bien évidemment. Les Réunionnais n’ont pas la mémoire courte. Ils s’en souviennent encore.

L’histoire, c’est qu’en 1976, quand un nouvel évêque est mis à la tête du diocèse, les prêtres en question n’étaient plus que deux. Deux qui ne sont plus allés prendre la parole dans les meetings. Leur action n’était pourtant pas souterraine. En plein jour, ils se sont orientés vers le « culturel », le « vécu réunionnais », sans oublier le politique. Quand on dit « politique », il ne faut pas voir « rouge » nécessairement. L’Église fait de la politique. Un a pris ses distances, un n’est plus. Il en reste un, à demander qu’on ne falsifie pas l’histoire. Une petite histoire, il est vrai… L’Église qui est à la Réunion s’est parait-il pacifiée, unifiée. Tant mieux. On dit même que les frères ennemis se sont réconciliés. Maintenant on s’appelle « frères ». Quoi souhaiter de mieux ! A condition de ne rien falsifier…

N. C


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